Page:Anatole France - Poésies.djvu/163

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es amis.
Mère, ne livre pas mon innocente vie
Au spectre du remords qui suit la foi trahie.
Mère, vois cet anneau fidèle entre mes doigts !
Il est un fils d'Adam, mère, à qui je me dois.
J'ai juré qu'Hippias délierait ma ceinture.

KALLISTA.

Nous devons tout à Dieu, rien à la créature.

DAPHNE.

Si tu m'aimes...

KALLISTA.

Je t'aime en Dieu.

DAPHNÉ.

Mère, entends-moi.
Arrache le filet de remords et d'effroi,
Le filet de ton vœu qui m'a prise : délivre,
Délivre-moi ! Je veux respirer, je veux vivre !

Ecoute, j'ai revu tantôt l'époux futur
Et j'ai promis encor, ici, sous le ciel pur,
De le suivre, fidèle, en sa chambre d'ivoire
Ou de dormir avec Karôn, dans la nef noire.
Oh ! prends pitié de moi, te souvenant du jour
Où ton cœur virginal fut parfumé