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LES POÈMES DORÉS


Votre divinité ne dure,
Douces forces de la Nature,
Que ce qu’il faut pour son dessein.
La race impérissable et belle,
Voilà cette chose immortelle
Que l’on rêve sur votre sein !

C’est par vous que l’heureuse vie
Tour à tour en la chair ravie
S’allume, et ne s’éteindra pas.
En vous la vie universelle
Éclate, et tout homme chancelle,
Ivre de beauté, sur vos pas.

Vivez, mourez, pleines de grâce ;
Les hommes et les dieux, tout passe,
Mais la vie existe à jamais.
Et toi, forme, parfum, lumière,
Qui fleuris ma vertu première,
Ah ! je sais pourquoi je t’aimais !


Juin 1869.