Page:Andersen - Contes d'Andersen, traduit par Soldi, Librairie Hachette et Cie, 1876.djvu/136

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LE COMPAGNON DE VOYAGE.


Le pauvre Jean était bien affligé : son père était malade et ne pouvait plus vivre. Il n’y avait qu’eux deux dans la petite chambre ; la lampe se mourait sur la table, et la nuit avançait.

« Tu as été un bon fils, Jean, dit le père malade ; le bon Dieu t’aidera à faire ton chemin dans le monde. »

Il le regarda de ses yeux graves, mais doux, respira profondément et mourut ; il avait l’air de dormir. Jean pleurait : il n’avait plus personne au monde, ni père ni mère, ni frère ni sœur. Pauvre Jean ! Agenouillé devant le lit, il baisa la main de son père mort et versa des larmes amères ; mais ses yeux se fermèrent enfin, et il s’endormit, la tête appuyée contre le bois dur du lit.

Alors il eut un rêve bizarre. Il vit le soleil et la lune s’incliner devant lui ; il vit son père en parfaite santé, qui riait comme autrefois dans les jours de bonne humeur. Une charmante fillette, avec une couronne d’or sur sa longue et belle