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ÉLISE.

couverture. Élise dormait la nuit dans ce berceau, et pendant le jour elle jouait sur la table. La jeune femme plaça sur la table une assiette pleine d’eau qu’elle entoura de fleurs ; les tiges des fleurs plongeaient toutes au fond de l’eau ; à la superficie, flottait une grande feuille de tulipe, et sur cette feuille de tulipe se tenait la petite Élise qui naviguait d’une extrémité de l’assiette à l’autre, en se servant à cet effet de deux crins blancs en guise d’avirons. Tout cela était d’un effet charmant ; d’ailleurs Élise savait aussi chanter, mais d’une jolie petite voix si délicate que jamais on n’en entendit pareille.

Une nuit qu’elle était couchée dans son berceau, un affreux crapaud sauta jusqu’à elle à travers un carreau de la fenêtre qui était cassé. C’était un gros crapaud bien laid, et il sauta tout à coup sur la table où Élise dormait sous sa feuille de rose.

« Ma foi ! voilà qui ferait une jolie petite femme pour mon fils ! » dit le crapaud ; et en parlant ainsi il prit la coquille de noix dans sa bouche et s’enfuit avec dans le jardin à travers le carreau.