Page:Annales de la société Jean-Jacques Rousseau, tome 1.djvu/99

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que toutes les apparences de tort sont de son côte. Si vous défendez bien, vous attaquez mieux encore : Intermissa diu rursus bella moves. Parce, precor ! precor !

La fin de cette lettre fait allusion à la querelle où DuPeyrou se trouvait engagé depuis quelques semaines et que nous devons raconter brièvement.


II

La première partie, soit les six premiers livres des Confessions, avait seule paru dans l’édition de 1782, entreprise au profit de la veuve de Rousseau par Messieurs Moultou, de Girardin et DuPeyrou. Ce dernier avait entre les mains — outre les originaux des pièces justificatives se rapportant aux Confessions, une copie de la seconde partie, qu’il tenait de Moultou ; et cette seconde partie, affirmait-il en s’autorisant de « la volonté très expresse » de Rousseau, ne devait « voir le jour qu’au commencement du siècle prochain ». Mais Moultou était mort en 1787. Son fils aîné, Pierre Moultou, dépositaire du manuscrit confié à son père, redoutant quelque publication de contrebande et cédant à l’impatience du public, crut devoir autoriser l’impression de la seconde partie des Mémoires, sous réserve de la suppression de certains noms propres et de quelques jugements sévères de Rousseau. Il traita avec les libraires Barde et Manget, de Genève, qui annoncèrent la prochaine apparition de l’ouvrage.

On crut, en général, que cette publication était faite sur l’initiative de DuPeyrou, qui, étant seul nommé dans l’édition de 1782, passait pour être le dépositaire