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TEXTE DE LA NOUVELLE HÉLOISE

que le tome troisième[1]. Un premier envoi de la réédition de 1767 ne lui est pas parvenu [2] ; mais il a reçu celle de 1769 (identique à part quelques erreurs typographiques à celle de 1763) : le docteur Ch. Coindet a légué à la bibliothèque de Genève un exemplaire du tome III (parties 5 et 6) annoté ou plutôt corrigé par Rousseau. Les corrections consistent à rétablir de sa main et en marge toutes les notes supprimées en 1763. Si l’on ajoute à cela que peu après 1764, comme en 1772, comme à la fin de sa vie, Rousseau renvoie à la première édition, accepte l’édition Duchesne avec très peu d’additions et modifications, il en faudrait conclure que l’édition de 1763 est bien fidèle à des corrections de Rousseau, mais qu’il a renoncé par la suite à presque tout ce qu’il avait modifié sur l’exemplaire envoyé à Rey.

C’est bien en effet la seule conclusion qui s’impose. Nous verrons que les notes manuscrites des exemplaires Duchesne donnés par Rousseau à ses amis recopient mot pour mot trois des additions les plus importantes de 1763, comme une ou deux autres sont confirmées par les brouillons ou la copie Luxembourg. Ceci dit, si Rey ne s’est pas servi pour son impression de l’exemplaire envoyé par Rousseau, une hypothèse et une seule pourrait, à la rigueur et péniblement, s’ajuster aux faits. Ce serait qu’il eut imprimé non sur une édition de 1761, qu’il savait très incorrecte, mais sur la copie même envoyée en 1759 par Rousseau. Presque toutes les notes, comme le montre l’examen des manuscrits,

  1. La Nouvelle Héloïse forme les tomes IV, V et VI. Cf. Bosscha p. 206.
  2. Cf. supra. p. 8.