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ANNALES DE LA SOCIÉTÉ J. J. ROUSSEAU

telage des chariots, le repos des champs, le retour des ouvriers, et tout l’appareil de l’économie rustique donne à cette maison un air plus champêtre. — La symétrie et la régularité plaît à tous les yeux. — S’il est des bénédictions humaines que le Ciel daigne exaucer, ce ne sont point celles qu’arrache la flatterie et la bassesse en présence des gens qu’on loue[1]. » Inversement les manuscrits nous permettront de corriger des leçons, encore légitimées par l’usage, mais auxquelles Rousseau et beaucoup d’autres avaient déjà renoncé. Ridicule après les précieuses était devenu substantif masculin ou féminin. On disait un ridicule, comme une précieuse, un merveilleux. Rey n’est donc pas absurde en imprimant : « c’est apparemment aussi l’usage en Angleterre de tourner ses hôtes en ridicules[2] » ; mais dans la note manuscrite de l’exemplaire d’Ivernois, Rousseau écrit en ridicule. Un usage qui nous paraît plus étrange était d’employer le pronom un autre, avec une sorte de valeur neutre en parlant d’un homme ou d’une femme[3]. Rey imprime ainsi : « un homme qui fut aimé de Julie d’Étange et pourrait se résoudre à en épouser un autre[4]… » Mais Rousseau écrit une autre dans la copie Luxembourg et le deuxième brouillon, et il prend soin de corriger dans l’exemplaire Duchesne annoté de Paris[5].

  1. IV, 10, p. 115, V, 2, p. 89.
  2. V, 2, p. 82.
  3. Voir la Syntaxe française du XVIIe siècle de Haase, trad. par Obert. Paris, Picard, 1898, p. 119.
  4. VI, 13, p. 309. De même encore dans l’édition de Genève 1782 in-4° (t. II, p. 374) « Ne donnez à nul autre [épouse] une place que je n’ai pu remplir. »
  5. L’édition de Rey imprime de même (t. IV, p. 204) « une monticule ». Le genre du mot était encore incertain (cf. A. François, Annales de 1907, p. 57.) Mais le 2e brouillon et la copie Luxembourg donnent un monticule.