Page:Annales de la société académique de Nantes et de Loire-inférieure - Série 9, vol.3, 1912.djvu/150

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sanguinaire qui s’empara trop longtemps, hélas ! des républicains et des royalistes ; mais l’unanimité des témoignages, leur nombre et souvent la qualité des déposants nous forcent à nous ranger à l’avis commun. Beilvert fut un affreux coquin, un monstre, qui cent fois mérita la corde, et qui, avec une chance et une habileté incroyables, sut toujours l’éviter.

Nous sommes sans renseignements sur le crime rappelé par le baron Réal ; mais le dossier de notre héros est assez chargé ; inutile de s’occuper « d’une erreur de jeunesse ». Beilvert a 37 ans, quand nous nous occupons de lui, et pour faire cadrer son histoire, rappelons qu’à l’insurrection du 11 mars, le canton de Bouaye entier avait embrassé la cause royaliste ; qu’entre autres les gens de Bouguenais s’étaient fort compromis par l’ardeur de leur action contre-révolutionnaire[1] ; que, depuis le mois de septembre, le canton avait été nombre de fois traversé par les troupes républicaines, qui y avaient ramené un semblant d’ordre ; qu’un camp installé à Aux protégeait la fonderie de canons d’Indre ; et que les troupes, qui l’occupaient, avaient reçu une mission de police et de sécurité.

Après avoir guerroyé dans le Maine-et-Loire y tenait garnison le 8e bataillon des volontaires du Bas-Rhin, commandé par un certain Muscar, militaire de grande valeur, fort rude et d’un républicanisme intransigeant. Étranger à la contrée, il y avait recruté un certain nombre de citoyens, qui, encadrés dans sa cavalerie, y servirent sous le nom d’éclaireurs. Ceux-ci bien que nés dans le pays,

  1. En 1815 existait encore à Bouguenais 38 blessés de la période révolutionnaire. (Archives départementales, secours et indemnités.)