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ANNALES DU MUSÉE GUIMET
2° Les Kâkâ Dhanpal ont la garde du Nîrang.
3° Les Ashà Frédûn commencent la prière dans une assemblée de prêtres.
4° Les Mâhyâr Frédûn initient les Hèrbads et les Mobads.
5° Les Chandâ Frédûn tiennent les registres de l’Anjuman.
En janvier 1887, me trouvant à Nausârì, l’Anjuman me fit l’honneur d’une réception officielle, en souvenir des services rendus par les savants français à la science avestéenne. Quand j’entrai dans la salle, je trouvai une soixantaine de prêtres assis sur un tapis, en deux rangées se faisant vis-à-vis : à droite du Dastùr des Dastùrs, portant en travers l’écharpe de soie blanche du Dastùrat, se trouvaient à part cinq Mobeds : ils représentaient les cinq Pols de Nausârì. Cet Anjuman est le vrai pouvoir à Nausârì : c’est lui qui nomme le Dastùrân-Dastûr et décide des questions litigieuses. En assistant à une de ses séances, on comprend la force de l’épithète anjumanik (vyâkhna), appliquée au fils idéal que le Zôt se souhaite : « un fils qui sache dominer une assemblée » (Yasna LXII, 5). J’imagine que les choses se passaient ainsi dans la république sacerdotale de Ragha (Introd., vol. II), où régnait le Zarathushtrôtema.
Les prêtres de Nausârì partagent entre eux les bénéfices : les deux Pols Kâkâ prélèvent la moitié, les trois Pols de Frédûn l’autre moitié : de là leur nom de Bhâgarias, associés[1]. Presque toute la population parsie[2] est cléricale et l’on n’aperçoit de toute part que la toque blanche et la robe

 


  1. Un schisme financier s’est produit récemment à propos du partage des bénéfices. — Dans l’Iran on tire au sort chaque année entre les Mobeds dans quel village ira chacun. Si un Mobed ne peut aller au village qui lui est assigné, il en délègue un autre qui lui abandonne une part du revenu, un nîrmal : on dit alors qu’il est nîrmatgîr ou baharvâr نهروار « être nîrmatgir, être baharvâr », est synonyme de « être marâtib » (nîrmal = prasâda dans le Minôkhard, I, 9, 13 ; fréquent dans le Vendidad pehlvi et le Dàdistàn pour désigner la rétribution du prêtre ; voir en particulier Yasna LIII, 6 b).
  2. Nausârì est le nom parsi de la ville, dont le nom indien est Nàgmandal. Nausârì fait partie des États du Guikovar de Baroda. D’après la tradition, quand les Parsis fugitifs arrivèrent à Nàgmandal, le climat leur rappela celui de Sârì dans le Mazandéran et ils s’écrièrent : nau sârì « un nouveau Sârì ». La forme qui se trouve dans un colophon sanscrit de 1450 (Ardà Vîraf de Haug, p. xii), Nàgasàrakà, prouve que Nausârì est un synonyme de Nâgmandal.