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ANNALES DU MUSÉE GUIMET

fils de Gautama, qui étaient nés d’une manière surnaturelle, héritèrent du trône. C’est à cause des circonstances de leur naissance qu’eux et leurs descendants sont appelés de divers noms, tels qu’Angirasa, Soûrjavaiïça, Gâutama et Ikchvakou. Un de ses frères mourut sans postérité ; l’autre régna alors sous le nom d’Ikchvakou. Il eut pour successeur son fils, dont les descendants, au nombre de cent, occupèrent le trône de Pôtala. Le dernier fut Ikchvakou Virouthaka. Il avait quatre fils. Après la mort de sa première femme, il se remaria avec la fille d’un roi dont il obtint la main sous la condition de transmettre le trône au fils qu’il aurait d’elle. Pressé par les grands officiers de la cour, il exila ses quatre premiers fils pour assurer la succession à leur jeune frère puîné^^1. Les quatre princes emmenèrent leurs propres sœurs avec eux et, accompagnés d’une grande multitude, ils quittèrent Pôtala, se dirigèrent vers l’Himalaya, et arrivèrent sur les bords de la rivière Bhagirathî, où ils s’établirent dans le voisinage du Rîchi Kapila, vivant dans des huttes faites de branches d’arbres. Ils se nourrissaient de leur chasse et visitaient quelquefois l’ermitage du Rïchi Kapila. Celui-ci, voyant qu’ils avaient très mauvaise mine, leur demanda pourquoi ils étaient si pâles. Ils lui exposèrent alors combien ils souffraient de la continence forcée dans laquelle ils vivaient. Le Rîchi leur conseilla de prendre pour femmes celles de leurs sœurs qui n’étaient pas nées de la même mère qu’eux. — Ô grand Richi, dirent-ils alors, cela nous serait-il permis ? — Oui, seigneurs, leur répondit le Rïchi ; des princes bannis peuvent agir de cette manière. — Ainsi, se réglant d’après la décision du Rïchi, ils cohabitèrent avec leurs sœurs qui n’étaient pas de la même mère qu’eux, et en eurent beaucoup d’enfants. Le bruit que faisaient ces enfants interrompait le Rïchi dans ses méditations, et il désira aller habiter autre part. Cependant ils le prièrent de rester où il était, et de leur indiquer un autre emplacement pour y vivre. Le Rïchi leur montra alors l’endroit où ils devaient bâtir une ville ; et comme le sol leur avait été donné par Kapila, ils appelèrent cette ville Kapilavastou (sol de Kapila ou le sol

1 La même légende se trouve dans le Mahâvañça : « Quatre frères se sont retirés dans la jongle avec leurs cinq sœurs afin de laisser au plus jeune fils de leur père, né d’une jeune reine favorite, la succession au trône. Établis auprès de l’ermitage du sage Kapila, ils demeuraient dans des cabanes laites avec des branches d’arbres et vivaient du produit de leur chasse. Au bout de quelque temps, ils firent de Priyà, leur sœur aînée, la reine mère et chacun d’eux prit pour femme une de ses sœurs qui n’était pas de la même mère. C’est ainsi qu’ils fondèrent la ville de Kapilapour » (The History of India, by J. Talboys Whiler, t. I, p. 117, note 1).