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médiate ment une proclamation pour engager les habitants, vu l’impossibilité d’une résistance sérieuse, à ne commettre aucun acte d’hostilité, pour préserver la ville d’un désastre. Les Prussiens restèrent devant Tours une trentaine d’heures et, sur l’ordre qui leur parvint, remontèrent vers Chanzy, qui était arrivé au Mans le 19 décembre et s’était occupé, sans perdre un seul moment, de choisir ses positions, de les fortifier, d’organiser solidement son armée et de discipliner les recrues qui lui arrivaient de toutes parts. Ses forces atteiv

■ gnirent bientôt le Chiffre de 130,000hommes, et il disposait de 350 bouches à feu. Vers là fin de

, ! décembre ;, il se sentait capable npn-, seulement de résister, mais de marcher en avant, à son tour, après avoir battu longtemps en retraite. Il voulait courir sur Paris par Chartres et Versailles, et la position qu’il avait choisie au Mans favorisait singulièrement ce projet. Il en fit part à la délégation, qui l’accueillit avec joie ; il désirait se mettre en mouvement vers le 8 janvier, mais M. de Freycinet insistait, dans ; une dépêche datée du 5, pour que l’exécution de ce plan fût remise au 14. Le délégué à la guerre donnait à Chanzy d’excellentes raisons. Frédéric-Charles recevait sans-cesse des renforts, et le gouvernement de Bordeaux jugeait nécessaire d’ajouter aux forces dont le général Chanzy disposait déjà, le 19* corps, dont on achevait l’organisation derrière les lignes de Carentan, etle 25"corps, qui était presque formé à Bourges. En attendant, Chanzy reprit, sans

— rien hasarder, l’offensive pour fatiguer l’ennemi et pour le tromper sur ses véritables intentions. Le 25 et le 26 décembre, le général Jouffroy fut chargé d’opérer de fortes reconnaissances jusqu’à Vendôme, et le général de Curleii d’agir entre la Valliôre et Beaumontfla-Ronce, sur le Chemin de fer du Mans à Tours ; le général -Gléret d’occuper Saint-Antoine du Rocher, sur le même chemin de fer. et de porter ses avant postes à Cerelles et à Notre-Dame d’Oé ; le général Rousseau d’inquiéter l’ennemi. dans la direction de Nôgent-le-Rotrou, pour défendre la vallée de l’Huisne continuellement menacée par le grand-duc de Mecklembourg, et le général Barry de protéger le chemin de fer du Mans à Tours, sur la rive droite du Loir. Ces tentatives furent couronnées d’abord d’un plein succès. Le 27 décembre, le général Jouffroy, parti de Besse, battit un détachement prussien commandé^ par le colonel Boltenstern, entre Fontaine, Saint-Quentin et Montoire, et poursuivit jusqu’au delà de Monloire l’ennemi, qui laissa entre nos mains une centaine de prisonniers et beaucoup de bagages. Le colonel Lipowski était à Nogent-le-Rotrou ; Gathelineau à Vibraye ; Rousseau à la Ferlé-Bernard. Le 31 décembre Jouffroy culbuta et rejeta au delà du

Loir le général Kraatz ayec la 20e division allemande, en lui faisant 200 prisonniers. Nos troupes occupèrent, à la suite de cette affaire, les hauteurs de la rive droite du Loir, en face de Vendôme. Le même jour le général Rousseau, se portant sur la Bazoche-Gouet, en délogea l’ennemi, qu’il poursuivit jusqu’à Courtalin.

Frédéric-Charles aurait voulu livrer sur le Loir une bataille décisive. Il avait pris des dispositions pour arriver à ce résultat, et le prince royal, pour favoriser son entreprise, avait fait évacuer de Chartres sur Nogent-le-Rotrou la 5e division de cavalerie. La retraite de Chanzy sûr le Mans avait coupé court à ce projet. Frédéric-Charles n’osait s’aventurer encore sur la Sarthe. Bourbaki lui causait de graves inquiétudes. Ce général avait réorganisé ses troupes à Bourges et à Nevers. Il ne pouvait rester inactif dans le centre. Qu’allait-il faire ? On craignait, à l’état-major allemand, qu’il ne se portât à marches forcées sur Paris, et Frédéric-Charles avait éprouvé une vive alerte dès le 15, lorsqu’un détachement, français, courant sur Gien, en avait chassé les Bavarois chargés de garder cette position importante. Gien était, en effet, par rapport à Bourbaki, une des clefs de la route de Paris. Frédéric-Charles s’était donc empressé de rapprocher d’Orléans les troupes qu’il avait lancées dans différentes directions. Le 9e cerps, qui se trouvait aux portes deBlois, sur la rive gauche, avec des détachements jusqu’àAmboise, reçut l’ordre de revenir en toute hâte, et le danger paraissait si pressant que le général de Manstein fit parcourir à quelques régiments, le 16 etlel7, 80 kilomètres en 36 h. 3/4, y Compris 6 heures de repos de nuit. Frédéric-Charles s’était empressé d’accourir lui-même à Orléans, position excellente, d’où il pouvait se porter soïtsur Gien ou dans la direction de l’est, si Bourbaki menaçait l’armée d’investissement de Paris, soit sur le cours inférieur de la Loire, si ce général essayait d’opérer sa jonction avec Chanzy. Pour plus de sûreté, Frédéric-Charles exprima le désir de voir le 7e corps (Zastrow), concentré à Châtillon-sur-Seine, se rapprocher d’Orléans, et Zastrow reçut è, 15 décembre, l’ordre de se rendre à Auxerre, (V. le chap. XH, Opérations de l’armée de l’est), d’où il pouvait, par Montargis, opérer sa jonction avec la 2e armée. On surveilla autant que possible les faits et gestes de Bourbaki, mais sans pouvoir apprendre rien de bien concluant, parce que les abords dp Bourges et de Nevers étaient couverts au loin par une nuée de francs tireurs qui faisaient bonne garde et inspiraient aux uhlans une crainte respectueuse.

Le grand quartier général commandait le 17 un grand mouvement de concentration de toutes les armées allemandes autour des principaux centres d’opérations. Orléans fut natu-