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inscrits. Voici les noms des nouveaux membres ; qurfurent introduits dans la commune par cé procédé électoral : Ierarrondissement. Vésmier, ; Cluseret, Pillot, Andrieu. — IIe. Polhier, Sërâiller, Durand, Johannard.—VIe. Courbet, Rogeard.—VIIe. Sîcard.—IXV Briosne.—XIIe. Philippe, Longlas. — XVIe. Ch. Longuet. -XVIIe. Dupont. — XVIIIe. Cluseret, Arnold. — ; XIXe. Menotli Garibaldi. — XXe. Viard, Trinquet. Des protestations nombreuses s’élevèrent ; et quelques membres de la commune profité-’ rent de l’occasion pour donner leur démission. Tels furent Rogeard et Briosne. Félix Pyat ma-g nifes tala même intention, mais devantl’atlitude du parti révolutionnaire il n’osa donner suite à ce projet.

16 avril. — « Vu la nécessité de la guerre et le besoin d’agir rapidement et vigoureusement, » le général Cluseret, poussé par Rossel, établit une cour martiale, en attendant l’organisation des conseils de guerre de légion. Cette cour était composée du colonel Rossel, chef d’état-majorde la guerre, président, du colonel Henry, chef d’état-majorde la place, du colonel Razouat, commandant de l’École militaire, etc. Elle devait, siéger tous les jours à l’hôtel du conseil de guerre. Les condamnations à mort étaient soumises à la sanction delà commission exécutive. La cour martiale tint le même soir sa première séance, et’Rossel fit prononcer là •peinedemort contre le commandant Girot, du 74e bataillon, qui avait refusé de marcher à ; l’ennemi. (V. 18 avril.)

Le même jour, laNCommîssion exécutive manifesta par un décret les craintes que lui inspirait la population. La ville était pleine dé réfractaires, c’est-à-dire de citoyens qui refusaient de défendre les armes à la main la cause delà commune, malgré les peines sévères, édictées contre eux. Il avait fallu prononcer la dissolution de plusieurs bataillons ; mais les armes restées entre les mains des hommes renvoyés chez eux pouvaient se tourner contre le gouvernement révolutionnaire. Le décret d’avril ordonna de restituer immédiatement aux mairies les armes des bataillons dissous, dés émigrés ; des réfractaires. Les -municipalités devaient faire opérer des perquisitions méthodiques par rues et par maisons, pour assurer dan’s le plus bref délai la rentrée de ces armes. Toute fausse déclaration faite par les concierges amenait leur arrestation immédiate. Le nombre des bataillons dissous augmenta ensuite de jour en jour ; le mouvement séparatiste, commeies fédérés l’appelaient, après s’être manifesté surtout dans les quartiers, riches, finit par gagner les quartiers pauvres ;. de sorte que les forces de la commune allaient diminuant sans cesse. Une foule de jeunes gens qui n’appartenaient pas à la garde nationale.

[ mais qu’on voulait y introduire en vertu des^ nouveaux décrets, employaient tous les moyens pour se soustraire à une obligation qui répugnait à leur conscience ; Tautorlië militaire faisait accomplir d’incessantes perquisitions pour les découvrir. On faisait dans tout Paris la chasse aux réfractaires. — La commune avait ■suspendu toutes poursuites sur les échéances en promettant un décret qui réglerait cette question délicate ; ce décret fut rendulë 16 ; il portait, « Art. 1er : Le remboursement des dettes de toute nature souscrites jusqu’à ce jour, et portant échéance : billets à ordre ; mandats, lettrés de change, factures réglées, dettes concordataires, etc., sera effectué dans un délai de trois années, à partir du 15 juillet prochain, et sans que cesdeltes portent intérêt.— Art. 2. Le-total des sommes dues, >séra divisé ien douze coupures égales, payables par trimestre, à partir de la mémedale... »

Convocation des chambres syndicales.ouvrières ; « à l’effet d’instituer une commission chargée défaire une enquête sur la ’Situation des ateliers « abandonnés lâchement par les patrons, au préjudice dès’travailleurs. » La commission d’enquête est chargée de présenter un, rapport sur la mise en exploitation’dé ces ateliers par l’association coopérative dés travailleurs qui y étaient employés, et sur la constitution de ces sociétés coopératives. La portée de ce décret était immense, " puisqu’il tendait à substituer les ^ouvriers aux patrons dans l’exploitation dés ateliers.. Il caractérise l’action de l’Internationale dans la commune. Il avait été élaboré par la commis ion du travail et de l’échange, composée de membres de l’Internationale.

18 avril. — Lacommission exécutive commue la peine du commandant Girot, condamné à’ mort le 16 avril par la cour martiale. Rossel, qui voulait donner un exemple, est profondément irrité, -et il le montre en faisant acquitter deux membres du comité central d’artillerie accusés de conspiration contre la commune.

Arrestation du gouverneur des -Invalides. Toute l’argenterie de l’hôtel, évaluée à 1ÛO>000 francs, est enlevée par, ordre de la commune, qui la fait porter à la Monnaie.

Un acte d’arbitraire plus compromettant avait eu lieu le 15 avril. Le Journal officiel de la commune en rend compte en -ces termes : «Des faits graves se sont produits dans le VIRe arrondissement. Un -certain nombre de gardes nationaux appartenantau’248bataillon a osé envahir, [ruedu Fàubourg-Saint-Honoré, 56, l’hôtel delà légation de Belgique, et violer effrontément, avec les droits sacrés de ^hospitalité due par la France "à tous les-étrangers, les immunités diplomatiques respectées par tous les peuples civilisés. « -Une enquête immé-