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AUTRI

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la langue tchèque. Sur un second point trôsconlroversé dans les journaux, elle repoussa les prétentions de ses adversaires en décidant que l’école industrielle (polytechnique) serait divisée en deux sections, l’une allemande, l’autre tchèque. Les Tchèques, ayant eu jusque là la prépondérance dans cette école, s’opposaient de toutes leurs forces à cette division, et demandaient qu’on opérât au moins une division analogue dans l’université, presque entièrement occupée par les Allemands. La loi sur la surveillance des écoles fut adoptée sans grands changements. Seulement elle donna lieu à un conflit entre le gouverneur de Bohème, le baron de Kellersperg, et le ministre de la justice, M. Herbst, qui était membre de la dièle. Ces deux fonctionnaires, s’étant divisés sur un amendement, le baron de Kellersperg se plaignait amèrement du’ministre et se permit même à son égard des paroles injurieuses. Celte affaire se termina par la révocation du gouverneur, qui ne fut pas remplacé. C’était l’autorité militaire qui allait prendre le pouvoir en mains en Bohême. .

Les actes de la majorité allemande avaient vivement irrité la population. À Prague surtout et dans les environs l’excitation était au comble. Le conseil municipal de Prague était sur le point d’adhérer à la déclaration tchèque et n’en fut détourné que par la menace du gouvernement. de punir sévèrement tout acte dépassant la compétence du conseil. Les journaux tchèques tenaient un langage d’une violence extrême, et les saisies et condamnations dont ils étaient frappés chaque jour ne faisaient qu’exciter leur verve. De nombreux meetings dégénèrent bientôt en rassemblements tumultueux. Plusieurs de ces rassemblements furent dispersés par la police dans les derniers jours de septembre. Ils prirent un caractère plus grave au commencement, d’octobre. Le 4 octobre, la maison de campagne du propriétaire d’un journal allemand fut attaquée par la foulequi brisa toutes les fenêtres. Le lendemain l’émeute se porta devant le casino allemand de Prague. Il fallut de nombreuses charges" de cavalerie et l’intervention de trois bataillons d’infanterie pour rétablir l’ordre dans la rue. En vue de l’agitation croissante le gouvernement se détermina alors à une mesure des plus graves, à la proclamation d’une sorte d’état de siège en-Bohême.

L’art. 20 de la loi fondamentale du 21 décembre 1867. prévoyait le cas où quelques-unes des garanties assurées par la constitution pourraient être suspendues dans des circonstances exceptionnelles, mais elle exigeait que ces circonstances fussent déterminées par une loi. Or cette loi n’était pas faite. La constitution permettant également de rendre en l’absence du

reichsrath des ordonnances ayant force de loi, sauf à les faire ratifier par ce corps représentatif, le gouvernement se décida à rendre une ordonnance de ce genre. Elle statuait qu’au cas d’une guerre ou de l’apparence d’une guerre, ou de troubles graves intérieurs, un certain nombre d’articles de la constitution pouvaient être suspendus, en yertu d’une décision de l’ensemble du ministère, approuvée par l’empereur, et dont les motifs devaient être exposés au reichsrath. Les effets de cette suspension étaient détaillés d’une manière précise. Les conditions et formalités ordinaires des arrestations, perquisitions domiciliaires et poursuites étaient simplifiées pour un ’certain nombre de Crimes et délits (haute-trahison, rébellion, émeute, incendie, brigandage, meurtre, ete). Un individu pouvait être expulsé par mesure de police du lieu de son domicile : les associations et réunions politiques de même que la publication et la distribution des imprimés de toute nature pouvaient être interdites. La police était autorisée à rendre des ordonnances concernant la vente et la possession d’armes et de munitions, les passeports et certificats de résidence, les lieux publics et rassemblements, les démonstrations et insignes. Enfin les contraventions. À ces interdictions étaient punies d’un emprisonnement de 6 mois au plus et d’une amende de 1,000 florins au maximum. Cette ordonnance fut publiée dans la Gazette de Vienne le 11 octobre, en même temps qu’une autre qui en appliquai l.partiellement les dispositions à la ville de Prague et à deux districts voisins. La session de la diète finissait le même jour.

Quand on eut connaissance de ces mesures à Prague, il se forma dans cette ville quelques rassemblements ; plus de 3,000 personnes se portèrent dans la plaine voisine de Smichow et on commença-même à élever des barricades dans îe village de ce nom. Mais à l’arrivée des troupes la foule se dispersa. Le général Koiler, commandant des troupes de Bohême, qui avait été investi des pouvoirs de gouverneur, interdit toute réunion publique et suspendit les’journaux les plus hostiles. L’ordre extérieur fut rétabli ainsi provisoirement...

En Moravie le parti tchèque déposa au. bureau de la diète, le 25 août, une déclaration semblable à celle des députés de Prague, mais là, la majorité allemande était plus forte encore qu’en Bohême el cette majorité passa immédiatement à l’ordre du jour pur et simple sur la déclaration, et vota plus tard, à l’égard dés députés qui avaient refusé de siéger, Une résolution semblable à celle de la diète de Prague.

La diète de Sîlésie se prononça d’une manière plus explicite encore. Dans leurs déclarations, les. Tchèques de Bohême et.de Moravie avaient