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SIEGE

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hôpitaux ; le cri :-Aux armes est sorti de toutes les poitrines ; ceux, d’entre vous qui peuvent donner leur vie sur le champ de bataille marcheront à l’ennemi ; ceux qui restent, jaloux de se montrer dignes de l’héroïsme de 1 leurs frères, accepteront, au besoin, les plus durs sacrifices comme un autre moyen de se dévouer pour la patrie. Soyons décidés à souffrir, s’il le faut, mais à vaincre. Vive la République 1 »

Trochu était sorti de Paris, le 18, pour se mettre à la tête de l’armée. « Je pensais, —a-t-il dit plus tard, — que le siège de Pari s devait être couronné par une dernière entreprise, que j’avais annoncée de tout temps à. mes collègues du ; gouvernement et que j’appelais l’acte du désespoir. Pour la première fois je réunis autour dé moi mes officiers généraux, et je leur dis : Je vous propose de diriger une attaque sur ie plateau de Châlillon. C’est plein de périls, je le reconnais. Mais si, par fortune, nous percions sur ce point les lignes prussiennes, toutes les défenses de Versailles seraient tournées et nous aborderions cette ville par le sud. Il y avait là 23 officiers généraux. On seul fut dp mon. avis. Je réunis alors les opinions de tous, et à l’unanimité, ils me proposèrent d’attaquer Versailles, mais à condition que je prisse ! pour point de départ et comme base d’opérations, : la forteresse du mont Valérien. » Ce fut donc à ce plan qu’on s’arrêta. Mais il importe ici de dire que ; d’après les déclarations faites par le général Trochu, dans le procès en diffamation qu’il intenta au Figaro (27 mars-2 avril 1872), la grande sortie sur Buzenval, avait été décidée dés le 5 janvier et qu’elle n’avait été reculée jusqu’au 19 que parce qu’il avait fallu décommander tous les préparatifs déjà accomplis en vue de la sortie sur Châlillon.

Quatre-vingts bataillons de là garde nationale avaient été joints à l’armée, car la gardé nationale voulait, à tout prix, participer aux opérations militaires. : " "} ’

L’objectif était de s’emparer le premier jour de toutes les’ hauteurs, depuis Saint-Gloui jusqu’à Bougival, et de se porter, le second ! jour, sur Versailles. L’entreprise devait être accomplie simultanément par le général Viiioy, qui ; commandait l’aile gauche et s’appuyait à la Seine ; par le général Pucrot, qui, sur la droite, devait se diriger au sud-de Rueil par la Malmaisbn et Buzenval sur Bougival. Le général Bellemare devait opérer au centre. L’àrméeaihsi disposée s’élevait à près de 100,000 hommes. La nuit du 18 au 19 ayant été fort obscure, la concentration s’était faite avec peine. La colonne de droite, celle.de Pucrot ne put entrer en. ligne qu’à 10 heures, tandis que les deux autres s’étaient mises en mouvement dès huit heures du matin. Tout alla bien d’abord ; devantjl’élan des troupes de Yinoy l’ennemi se replia, et

après avoir occupé Ibs’màisbhè Beàrn, Armèà^ gaiid, Pozzo-di-Bbrgb nous prenions, àdix’heijï-T rès, possession de la redoute de ; Mpntretoûtï/Lacolonne de Bellemare s’emparait elle-mêmédu parc et du château de Buzenval, et attaquait bientôt le plateau, de la Bergerie, -tandis qup’ la colonne Pucrot soutenait, vers les hauteurs de la Jbnchère un combat des/plus ; vifs ; jet/se voyait arrêtée devant le mur du Long-Bbyàu, défendu par deux rangs de créneaux ; La rédoute de Montretout était plus ; difficile à garder’ qu’elle n’avait été difficile à prendre ; les car " nous allemands de Breteuil, de la Brosse et de Ville-d’Avrây la criblèrent dé projectiles : ; elle ne tarda pas à : devenir intenable ; il était impossible d’y établir dés batteries sous le ; fèu terrible qui la couvrait, elles troupes qui occupèrent durent se mettre à Tâbridérfiêre/les tranchées, se contentant de ; surveiller touté attaqué offensive avec la fermé résolution delà repousser avec vigueur. Lé général Duerot né pouvait avancer ; Bellemare au centre ne s’appuyait à rien, et Fennèmi avait eu le temps dé faire venir de Versailles ses réservés. IJ se pré-’ cipita, vers trois heures, sur les positions.que nous avions prisés, sur Buzenval. et sur là gauche dé la colonne du centre maître/des hauièùrs.ii nous dominait, avec son artillerie, et le terrain détrempé, ne nous permettait pasd-y’/fâirènionter la nôtre, dont les xo’u’es s’enfonçaient/prbr fondement dans la terre. Là nuit àpprpchâ.it, lé brouillard s’épaississait ; le général Trocliù"or-// donna la retraite^ Là garde nationale combattit avec un véritable héroïsme ; elle escalada des hauteurs avec un entrain.admirable, sous’.lé féii du canon ennemi ; mais elle avait été/mal dirigée ; elle, eut à tenir des positionsiià/pbssibïés, ’ devant dès :-murs-’cr^ùel&/d’où :/ji)artaït, r%n : ; ife.ii’ terrible de mousqueterie, étfit dès pertes gravés ; Parmi les vaillants qu’elle perdit nous devbiis citer le peintre Regnault, .M.. GuslâyejLàmbért qui avait’interrompu les’préparatifs !/dé/ son voyage, au. pôle nbr/d pour accomplir son ; devoir de citoyen, le ! colonel dé /.Bjôchëbruhé ; ! et le vieux ! marquis 1 dé Cpriblis, qui ; à/68 ; an|. avait voulu’/mârçherà ï’enheini/ et niburir s’il le.faïlaitrén.défendant/lâFrance. / :, ’-/ 3/, !’/ ;- ;. Nous avions éprouvé un échec et non pas ! une défaite ; nous pouvions/ conserver ; une partie des positions conquises ; et, continuer : ; nôtre marche en avant•/c’était du moin£ une/opinion très-répanduè dans les rangs delà gàrdé/nat’b^ nâle ; mais ; le lendemain //Troçïiu ènvoyâit !*du Mont-Valérien à Paris, à neuf heures et demie du matin, une dépêche constatant, qu’il/avait reporté en arrière les mâssés ? qui /pouvaient être canonnées des hauteurs, -etil ajoutait : ;«’Il faut, à présent, parlementer d’urgèncët :Sèyrès pour fin armistice de deux jours/qui’permettra l’enlèvement dés blessôs-él l’en’ierrenierit ! dès