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(189 ■’).

BANQU

C. 1-90)

clients, à titre.gratuit, et dont- le nombre croissant augmente ses. Charges, sans rien ajouter à ses bénéfices. En 1867, le nombre de ces effets avait été de 1,653,314, pour une somme de 2,048,780,500 fr.

En 1868, les effets 1 au comptant sont au nombre de 1,890,515 pour 2,397,304,300 fr. Ainsi l’augmentation est de 237,201 effets pour la somme dé 348,523,800 fr.

Le progrès.s’est ainsi manifesté sur l’escomptes courants de. Paris : en 1867, le maximum avait été, au 22 décembre, de 390,700,000 fr.

En 1868, le maximum, au 20 août, a été de 496,100,100 fr.

Le dividende de chacun des semestres de 1868 a été de 45 fr., soit 90 fr. pour l’année : en 1867, il avait été de 107 fr.

Le mouvement dés, succursales peut être l’objet d’une étude intéressante. Dans le , déficit total, de 271,687,400 fr., relevé plus haut,

; les opérations des succursales entrent pour

152,615,200. Les unes ont progressé, les autres ont diminué ; mais, Chose digne de remarque, la grosse part du déficit a été fournie par les établissements situés dans nos ports océaniques ; au contraire, les villes qui sont sur le parcours delà grande artère méditerranéenne témoignent, sous ce rapport, d’un’ notable accroissement. Ainsi Lyon a augmenté ses opérations de 63,485,600 f. ; Avignon de 16,676,700 f. ; Marseille, qui a conquis la première place, de 183,194,500 f. Par contre, nous voyons Bordeaux diminuer de 92,876,200f. Nantes de39,631,300f. le Havre de 81,837,200 f. ;Rouen de 45,531,900f. ; et Dunkerque même de 7,150,200 f. Nous n’ignorons pas qu’oïl peut attribuer ce déclin caractéristique au ■ralentissement de nos relations avec la grande république américaine, aux énormes droits prohibitifs qui frappent nos produits à l’entrée de ce pays ; nous savons bien qu’il ne •faut espérer aucune reprise sérieuse de ce côté, jusqu’à ce que l’Union ait définitivement cicatrisé les plaies financières dues à la guerre de la sécession. Cependantle libre échange et le traité —de commerce ont été tout-à l’avantage de nos —cités de l’ouest et du sud-ouêst, et il y avait lieu —de penser que les nouveaux débouchés qui leur —étaient offerts suffiraient, au moins, à maintenir leur prospérité en équilibre. Sans tirer de ces faits —des conclusions précises, nous croyons utile -de les signaler : au moment où nous écrivons, la question du libre-échange est comme on dit, ^palpitante d’actualité, par l’expiration prochaine —du traité de 1860 ; il est presque indubitable qu’une enquête aura lieu sur les résultats de-ce —traité, et non moins certainement, dans cette enquête, les données fournies par la Banque deTrance devront-elles jouer un.rôle considérable.

M. le gouverneur Rouland, dans le cours de

son compte-rendu, donne à la sagesse, à la prudence de l’administration qu’il dirige son tribut d’éloges accoutumé ; cette haute approbation prend même un caractère prononcé, .par suite de circonstances exceptionnelles, qui réalisent, "dans-l’esprit du Conseil, le summun des améliorations dont sont actuellement.susceptibles les institutions de la Banque de France : telles sont, sans doute, celles qui résultent d’un décret impérial, rendu à ia fin de 1868, sur l’avis conforme du conseil d’état, et dont le double objet est : 1° de faire recevoir au nombre des litres admissibles au bureau d’avances les obligations de la société algérienne ; 2° d’augmenter le nombre et la nature des valeurs admises en remplacement de la. troisième signature des effets présentés à l’escompte. Jusqu’alors ces valeurs avaient été limitées aux propres actions de la banque, et aux rentes sur l’étal ; le nouveau décret y ajoute toutes celles déjà reçues en garantie des prêts directs, c’est à dire les actions et obligations des chemins de fer français, les obligations de la ville de Paris et du Crédit foncier, etc., etc. Un avenir prochain nous instruira, de la portée de ces innovations, et l’exercice 1869 pourra déjà faire entrevoir dans quelle mesure elles sont destinées à relever la prospérité des affaires de la Banque. Pour le moment, nous ne ne voyons rien là qui soit bien réellement, profitable à la masse de ses clients, et qui diffère beaucoup du service des avances sur litres, entre lequel et celui des escomptes, il aurait peut-être mieux valu n’établir aucune espèce de promiscuité.

. Une autre mesure, prise pendant l’exercice de 1868, dont l’administration de la Banque s’applaudit par l’organe de son gouverneur", est celle de l’achat de 1,697,352 f. de rentes 3 0/0, comme emploi de la majeure partie des 87 millions disponibles sur le capital total de la Banque, lequel monte à 211,650,476 f. L’administration justifie.cette opérationnel par les lois qui la prescrivent, et par l’opportunité du moment, qui permet à la Banque d’acquérir un revenu annuel de 41/2 0/0 pour un capital que la stagnation des affairés frappait de stérilité entre ses mains. C’est peut-être vouloir Irop prouver, " et à coup sûr, l’un des arguments dispense de l’autre. Mais l’administration semblait éprouver le besoin, devant les vives critiques dont la mesure a été l’objet, de prendre sur elle la plus grande part de la responsabilité, et de protester de son entière indépendance. De la part d’un directeur nommé par l’état, une telle déclaration ne manque pas de confiance, ni même d’une certaine témérité.

Cette confiance a-t-’elle baissé devant le résultat solennellement négatif de l’enquête ouverte, il y a trois ans, sur l’émission de la monnaie fiduciaire et sur les- causes des crises