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vii
brun de la montagne


bien-aimée épouser, lui présent, un vilain bossu (v. 1030). Après s’être querellées quelque temps, les trois fées se retirent, l’une d’elles ayant passé au doigt de son petit protégé un anneau d’or fin.

Les chevaliers, qui avaient assisté à toute la scène, sortent du bois où ils étaient cachés, viennent reprendre l’enfant et le rapportent au seigneur de la Montaigne qui se montre fort satisfait du récit de ses hommes et s’inquiète médiocrement des malheurs annoncés par la méchante fée. L’enfant est baptisé en grande pompe sous le nom de Brun, et Butor de la Montaigne fait annoncer une fête avec tournoi pour l’époque des relevailles de sa femme.

Sur ces entrefaites, une dame de bonne mine se présente au château pour servir de nourrice au petit Brun. Aussitôt agréée, elle s’enferme avec l’enfant, lui donne ses soins, l’endort, puis disparaît subitement, pour revenir avant le réveil de son nourrisson. C’était la fée qui lui avait mis l’anneau au doigt.

Au jour dit, le tournoi annoncé a lieu. Butor, quoique avancé en âge, y porte les coups les meilleurs. Mais un bien grand malheur lui arrive. Bruiant, son plus fidèle vassal, désarçonné par lui, se blesse grièvement en tombant de cheval. Il se fait transporter chez lui couché sur une litière, mais il meurt en chemin avant d’avoir pu revoir les siens. À ses derniers moments, il se montre résigné, et comme toujours dévoué à son seigneur ; mais il redoute que Hermant son fils cherche plus tard à venger sa mort (v. 2696-7).