Page:Anonyme - Doon de la Roche.djvu/262

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« Au fel roi mescreant trairai du cors la vie ;
« Mi enfant avront France par droit[e] ansesserie ;
« En non Dieu, mauvais roi[s], ne la vous lairai mie ».
Quant l’entent l’empereres, a po n’enraige d’ire,
4150Volentier[s] le feri[s]t de sa paume sovine,
Quant Asse et Guinemans et si home s’escrïent :
« Sire Pepin[s] de France, laiss[i]ez vostre folie,
« N’a si bon roi en France n’i perdi[s]t ja la vie ».
Et dïent li marchis : « Ralons nous en, bea[us] sire,
4155« Ce fut torz et pechiés quant vo nevou failli[s]tes.
— Hé ! Dex, » ce dist Pepin[s], « com mal[e] departie ! »
A tant ont demandé les mules de Sulie ;
Or s’en revont en France, s’ont lor voie acoillie ;
Or n’a talent Pepin[s] que joue ne que rie.

CXVIII[1]

4160Or s’en revient en France Pepin[s] en sa contrée ;
Li dus et sis bernaige[s] a Coloigne remestrent ;
L’enfes Landris en a sa compagne sevrée,
Ces de Constantinoble, la gent a l’emperere ;
Venus est a La Roche, nuls ne set sa pensée,
4165Lïement le recevent la gent de sa contrée,
(f. 79)Encor n’avoit li bers sa venjence finé[e].
Au matin par som l’aube furent sa gent armée
Et vont a Hautefeulle a grant esperonnée ;
Davant la mai[s]tre porte ont la proie praée.
4170Leans s’adoba Griffe a la barbe me[s]lée,
A .iiijxx. serjans s’en ist lanse levée ;
La maisnie Landri ont la sue encontrée,
Ainsois la vont ferir que l’aient deffïée.

    — 4151 Q. Asses ; sui h. — 4153 ne p. — 4155 q. vous nous f. Cf. v. 4136-4137. — 4159 P. qui juoit ne qui r.

  1. — 4161 ces b. — 4164 sceit sa p. — 4167 p. soubz l’a. — 4171 i. la l. — 4172 La maignie.