Page:Anonyme - Huon de Bordeaux, chanson de geste.djvu/126

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par respect pour la sainteté du lieu. Le traître Gérard ne dort point. Au premier chant du coq il appelle son frère : « Il fait bon cheminer le matin, dit-il, et ne point s’abandonner au repos quand on veut hâter sa besogne. » — Départ de l’abbaye. — La petite troupe est guidée par Gérard. — Esclarmonde est montée sur une mule de Syrie, qui, en route, fait un faux pas et s’abat. Ce contre-temps retarde les voyageurs ; mais ils n’en continuent pas moins leur marche, et bientôt Gérard, en approchant du bois où Gibouart se tient caché avec les siens, entreprend par ses propos d’exciter le courroux de son frère. Il n’y réussit pas, et, de désespoir, s’en prend au prévôt Guirré : « Traître, lui dit-il, c’est à toi que je dois de perdre ma seigneurie. Par sainte Marie ! je vais m’acquitter en te coupant la tête. » Puis il fait entendre son cri de guerre. À ce signal, Gibouart sort du bois, suivi de soixante lances. Huon et les siens sont assaillis et tentent vainement une résistance impossible. — Douze des compagnons de Huon sont tués et jetés dans la Gironde. Huon, Esclarmonde et Jérôme sont seuls épargnés. Gérard renverse le vieux Jérôme, lui ouvre le côté et en retire les dents et la barbe de Gaudisse. Après quoi les traîtres emmènent leurs prisonniers à Bordeaux, où ils les jettent dans un cachot profond. De là ils courent à l’abbaye, où l’abbé refuse de leur livrer les richesses de Huon. L’abbé est mis à mort. Les moines, menacés du même sort, abandonnent au pillage et le trésor de Huon et celui de l’abbaye. Les traîtres font un nouvel abbé digne de leur choix, l’emmènent avec eux et partent pour Paris avec un convoi de dix sommiers chargés d’or. P. 269-279.

Arrivés à la cour, ils font présent à la reine de deux de leurs sommiers ; à Charlemagne ils en offrent trois.