Page:Anonyme - Rondeaux et autres poésies du XVème.djvu/74

La bibliothèque libre.
Aller à : navigation, rechercher
Cette page a été validée par deux contributeurs.
2
RONDEAUX

10Ung aultre si en soit chargé.
Jamais n’en seray rechargé :
De voz biens m’estes trop peu large ;
Je n’en [veulx plus porter la charge,
Amours, dont vous m’avez chargé.]

II[1]

Blosseville

(fol. 7)
Lassé d’amours et des faiz de fortune,
Tanné d’espoir et d’aimer trop fort une,
Encloz d’ennuy, maintenant je demeure,
Car Desplaisir prent en[2] moy sa demeure,
5De[3] par Maleur qui tresfort me fortune.

Dont je me treuve sans que joye nés une
Soit en mon cueur secrete ne commune :
Pour quoy je dis que je suis a ceste heure
Lassé d’amours.

10Merencolie, Douleur et Infortune,
Dueil et Soussy, Desespoir et Rancune,
En languissant me font plus noir que meure,
Et[4] n’ay desir fors que de bref je[5] meure,
Puisque je suis le plus dessoubz la lune[6]
15Lassé d’amours.

  1. II. Ce rondeau se trouve aussi deux fois dans le ms. fr. 1719 de la Bibl. nat., fol. 53 v° et 140.
  2. Ms. fr. 1719 (1) a ; ms. fr. 1719 (2) en manque.
  3. Ms. fr. 1719 (2) Et.
  4. Ms. fr. 1719. (2) Je.
  5. Ms. fr. 1719 (t) que bref je me ; ms. fr. 1719 (2) quen brefz jours je.
  6. Ms. fr. 1719 (1) Car je ne vis quen malheur et rencune.