Page:Anonyme ou Collectif - Voyages imaginaires, songes, visions et romans cabalistiques, tome 2.djvu/209

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lui disant que tout cela s’étoit passé pendant mon absence, & que ces gens avoient déjà vécu si longtems ensemble, que si leur liaison mutuelle ne méritoit que le nom de fornication, la chose étoit sans remède.

Je vous demande pardon de ma franchise, me répliqua-t-il ; je vois bien que vous avez raison de soutenir que vous ne sauriez être coupable de tout ce qui s’est fait ici pendant votre absence ; mais ne vous flattez pas, je vous prie, de ne point être dans une obligation absolue de réformer tout ce qu’il y a d’indécent & d’illégitime. Que le passé soit imputé à qui il vous plaira : tout ce qu’il y aura de défectueux pour le futur sera à votre charge, parce que vous êtes le maître vous seul de mettre fin à tout ce qu’il y a de criminel dans cette affaire.

J’avoue à ma honte que je fus assez stupide pour ne pas encore comprendre mon religieux, & pour m’imaginer que son dessein étoit de m’obliger à les séparer ; & je lui répondis, que si je prenois de pareilles mesures, ce seroit le vrai moyen de bouleverser toute la colonie.

Non, non, monsieur, me répartit-il, étonné de ma méprise ; mon dessein n’est pas que vous sépariez ces couples, mais que vous les fassiez épouser légitimement ; & puisqu’il seroit difficile de leur faire goûter ma manière de les marier,