Page:Anonyme ou Collectif - Voyages imaginaires, songes, visions et romans cabalistiques, tome 2.djvu/496

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Ils furent terriblement étonnés d’une décharge si peu attendue, & se retirèrent à plus de deux cens verges de nous. Nous eûmes dans cet intervalle non-seulement le tems de recharger nos fusils, mais encore de faire une sortie & de saisir cinq ou six chevaux dont les maîtres avoient apparemment perdu la vie. Nous vîmes facilement que nos ennemis étoient Tartares ; mais il ne nous fut pas possible, de voir de quel pays ils étoient, ni par quel motif extraordinaire ils s’étoient avancés jusques-là.

Environ une heure après ils firent un second mouvement pour nous attaquer, & ils furent reconnoître notre petit bois de toutes parts, pour voir s’ils n’y pouvoient pas trouver un autre passage ; mais remarquant que nous étions prêts à leur tenir tête de tous côtés, ils se retirèrent de nouveau, & pour nous, nous prîmes la résolution de nous tenir là clos & couverts pendant toute la nuit.

Nous dormîmes fort peu, comme on le croira sans peine, & nous passâmes presque toute la nuit à nous fortifier davantage, & à barricader tous les endroits par lesquels les ennemis pouvoient le plus facilement venir à nous, sans négliger de poser par-tout des sentinelles, & de faire une garde exacte.

Dans cette posture nous attendîmes le jour