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Toi dont le ruban bleu sert de ceinture au monde,
Toi qui peux l’étouffer sous ta robe profonde,
Dis-moi pourquoi gémir, pourquoi pleurer ainsi ?
Si tu souffres, Déesse, enfuis-toi loin d’ici.
Et la vague m’a dit, mouillant ma tête blonde :
« Ce sont les cœurs noyés qui soulèvent notre onde ! »


Monaco, 28 décembre 1886.

MORTS DE POÈTES

À LA MÉMOIRE DE H.-CH. READ

Ne regrettons jamais les jeunes gens qui meurent,

Ils quittent ce monde odieux
Pour un monde meilleur. Bien fous ceux qui les pleurent :
Ils sont montés aux cieux.

(Poésies posthumes.H.-Ch. Read.)


L’ENFANT

L’enfant agonisait, Sa figure d’archange
Formait une auréole aux divines pâleurs
Et ses petites mains se crispaient de douleurs
Bleuissant et semblant plus blanches que le lange.
Tout à coup souriant en voyant son bel ange :
« Maman, murmura-t-il, je t’enverrai des fleurs ! »
Puis l’enfant s’envola bien loin de notre fange.


L’ADOLESCENT

L’adolescent mourait comme une rose éclose
Se fane lentement sous le soleil joyeux.
Il mourait regardant l’immensité des cieux,
Et déjà sa paupière était pâle et mi-close.
« Mon amour, disait-il, pour que mon cœur repose,
« Et que jamais des pleurs ne coulent de mes yeux,
« Ma Douce, oh ! couvre-les des feuilles d’une rose ! »