Page:Apollinaire - Œuvres poétiques (extrait - Poèmes à Madeleine), 1959.djvu/25

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J'espère une lettre de toi
Tes lettres d'amour sont des roses
De l'absence et de notre foi
Épine et parfum de tes proses

Un oiseau chante ne sais où
C'est je crois ton âme qui veille
Parmi tous les soldats d'un sou
Et l'oiseau charme mon oreille

Tandis qu'il chante le canon
Répète le non taciturne
Éclat et non parole Non
Que répète l'écho nocturne

Non ennemi tu n'auras point
Ni les villes ni les campagnes
Ni ma ville amour en a soin
Entends l'amour qui m’accompagne

Écoute il chante tendrement
Je ne sais pas sur quelle branche
Il est partout qui va m’aimant
Nuit et jour semaine et dimanche

Et que dire de cet oiseau
Que dire des métarmophoses
Du chant en âme doux morceau
Du cœur en lys du corps en roses