Page:Apollinaire - Le Flâneur des deux rives.djvu/25

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table, une chaise et une étagère supportant des livres. Le lit, disait-on, était fort étroit et j’ai entendu un habitant d’Auteuil dire en parlant d’une femme maigre : « Elle ressemble au lit de M. Canudo. »

On disait aussi que les rideaux de cette chambre étaient toujours tirés et que nuit et jour il y brûlait un grand nombre de bougies. Si bien que l’on prenait M. Canudo pour le grand prêtre d’une religion nouvelle dont il accomplissait les rites dans sa chambre. Quelques feuilles de lierre répandues çà et là donnaient lieu à des suppositions singulières, et celle qui rencontrait le plus de crédit était que M. Canudo se servait du lierre dans des opérations magiques dont on n’avait pas encore deviné le but.

Et c’est ainsi qu’à Auteuil les bonnes gens voyageaient agréablement et curieusement autour de la chambre de M. Canudo.



Mais descendons vers la Seine. C’est un fleuve adorable. On ne se lasse point de le regarder. Je l’ai chantée bien sou-