Page:Apollinaire - Les Onze mille verges, 1911.djvu/32

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CHAPITRE II


Mademoiselle, je ne vous ai pas plutôt aperçue que, fou d’amour, j’ai senti mes organes génitaux se tendre vers votre beauté souveraine et je me suis trouvé plus échauffé que si j’avais bu un verre de raki.

— Chez qui ? chez qui ?

— Je mets ma fortune et mon amour à vos pieds. Si je vous tenais dans un lit ; vingt fois de suite je vous prouverai ma passion. Que les onze mille vierges ou même onze mille verges me châtient si je mens ! »

— Et comment !

— Mes sentiments ne sont pas mensongers. Je ne parle pas ainsi à toutes les femmes. Je ne suis pas un noceur.

— Et ta sœur !