Page:Arago - Œuvres complètes de François Arago, secrétaire perpétuel de l’académie des sciences, tome 1.djvu/122

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pât d’un coup de hache. Je lui répondis qu’en Égypte, étant à l’hôpital, j’avais vu faire plusieurs amputations, que j’imiterais ce que j’avais vu, que peut-être réussirais-je ; qu’en tout cas, cela vaudrait mieux qu’un coup de hache. Tout fut convenu ; je m’armai de la scie du charpentier, et l’opération fut faite. »

Je sortis sur-le-champ, et j’allai au consulat d’Amérique réclamer l’intervention du seul chirurgien digne de confiance qui fût alors a Alger. M. Triplet, je crois me rappeler que c’est le nom de l’homme de l’art distingué dont j’invoquai le concours, vint aussitôt à bord du bâtiment, visita l’appareil, et déclara, à ma très-vive satisfaction, que tout était bien, et que l’Anglais survivrait à son horrible blessure.

Le jour même nous fîmes transporter sur des brancards les blessés dans la maison de M. Blankley ; cette opération, exécutée avec un certain apparat, modifia un tant soit peu les dispositions du dey à notre égard, dispositions qui nous devinrent encore plus favorables à la suite d’un autre événement maritime, pourtant fort insignifiant.

On vit un jour, à l’horizon, une corvette armée d’un très-grand nombre de canons et se dirigeant vers le port d’Alger : survint, immédiatement après, un brick de guerre anglais, toutes voiles dehors ; on s’attendait à un combat, et toutes les terrasses de la ville se couvrirent de spectateurs ; le brick paraissait avoir une marche supérieure et nous semblait pouvoir atteindre la corvette ; mais celle-ci, ayant viré de bord, sembla vouloir engager le combat ; le bâtiment anglais fuit devant elle ; la corvette vira de bord