Page:Arago - Œuvres complètes de François Arago, secrétaire perpétuel de l’académie des sciences, tome 1.djvu/212

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Cette zone de rayons horizontaux forme non-seulement une très-petite partie de la lumière totale ; elle a de plus le grave inconvénient de s’affaiblir beaucoup par divergence, de ne porter au loin qu’une lueur à peine sensible. Détruire cet éparpillement fâcheux, profiter de toute la lumière de la lampe, tel était le double problème qu’on avait à résoudre pour étendre la portée ou l’utilité des phares. Les miroirs métalliques profonds, connus sous le nom de miroirs paraboliques, en ont fourni une solution satisfaisante.

Quand une lampe est placée au foyer d’un tel miroir, tous les rayons qui en émanent sont ramenés, par la réflexion qu’ils éprouvent sur les parois, à une direction commune ; leur divergence primitive est détruite ils forment, en sortant de l’appareil, un cylindre de lumière parallèle à l’axe du miroir. Ce faisceau se transmettrait aux plus grandes distances avec le même éclat si l’atmosphère n’en absorbait pas une partie.

Avant d’aller plus loin, hâtons-nous de le reconnaître, cette solution n’est pas sans inconvénient. On ramène bien ainsi vers l’horizon de la mer une multitude de rayons qui auraient été se perdre sur le sol, vers l’espace ou dans l’intérieur des terres. On anéantit même la divergence primitive de ceux de ces rayons qui naturellement se portaient vers le navigateur ; mais le cylindre de lumière réfléchie n’a plus que la largeur du miroir ; la zone qu’il éclaire a précisément les mêmes dimensions à toute distance, et à moins qu’on n’emploie beaucoup de miroirs pareils diversement orientés, l’horizon contient de nombreux et larges espaces complétement obscurs où le pilote