Page:Arago - Œuvres complètes de François Arago, secrétaire perpétuel de l’académie des sciences, tome 1.djvu/268

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porte le nom de théorie du contact, fut attaquée, de bonne heure, par un des compatriotes de Volta, par Fabroni. Celui-ci crut entrevoir que l’oxydation des faces métalliques des couples, opérée par le liquide qui les touche, était la cause principale des phénomènes de la pile. Wollaston, quelque temps après, développa cette même opinion avec sa sagacité ordinaire. Davy l’appuya, à son tour, d’ingénieuses expériences. Aujourd’hui, enfin, cette théorie chimique de la pile règne presque sans partage parmi les physiciens.

Je disais, Messieurs, tout à l’heure avec quelque timidité, que la pile est le plus merveilleux instrument qu’ait jamais créé l’intelligence humaine. Si dans l’énumération que vous venez d’entendre de ses diverses propriétés, ma voix n’avait pas été impuissante, je pourrais maintenant revenir sans scrupule sur mon assertion, et la regarder comme parfaitement établie.

Suivant quelques biographes, la tête de Volta épuisée par de longs travaux, et surtout par la création de la pile, se refusa à toute nouvelle production. D’autres ont vu dans un silence obstiné de près de trente années, l’effet d’une crainte puérile, à laquelle l’illustre physicien n’aurait pas eu le courage de se soustraire, Il redoutait, dit-on, qu’en comparant ses nouvelles recherches à celles de l’électricité par contact, le public ne se hâtât d’en conclure que son intelligence s’était affaiblie. Ces deux explications sont sans doute très-ingénieuses, mais elles ont le grand défaut d’être parfaitement inutiles : la pile, en effet, est de 1800 ; or deux ingénieux Mémoires, l’un sur le Phénomène de la grêle, l’autre sur la Périodicité des