Page:Arago - Œuvres complètes de François Arago, secrétaire perpétuel de l’académie des sciences, tome 1.djvu/331

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parlementaires, serait souvent l’heureux antagoniste de Canning ; c’était enfin le futur président de la Chambre des pairs : c’était le lord-chancelier actuel[1].

Qu’opposer à d’injustes critiques partant de si haut ? Je n’ignore pas combien certains esprits puisent de fermeté dans la conscience de leur bon droit ; dans la certitude que, tôt ou tard, la vérité triomphera ; mais je sais aussi qu’on agit sagement en ne comptant pas trop sur de pareilles exceptions.

Écoutez, par exemple, Galilée lui-même dire, à demi-voix, après son abjuration :


« E pur si muove ! »


Et ne cherchez pas dans ces immortelles paroles une idée d’avenir, car elles sont l’expression du cruel dépit

  1. Les journaux m’ayant fait l’honneur de s’occuper quelquefois des nombreux témoignages de bienveillance et d’amitié que lord Brougham a bien voulu me donner en 1834, tant en Écosse qu’à Paris, deux mots d’explication paraissent indispensables. L’éloge du docteur Young a été lu dans une séance publique de l’Académie des Sciences, le 26 novembre 1832 ; à cette époque je n’avais jamais eu aucune relation personnelle avec l’auteur de la Revue d’Édimbourg ; ainsi toute accusation d’ingratitude porterait à faux. N’auriez-vous pas pu, me dira-t-on peut-être, au moment de livrer votre travail à l’impression, supprimer entièrement tout ce qui avait trait à une si fâcheuse polémique ? Je le pouvais, en effet, et l’idée m’en était même venue ; mais j’y renonçai bientôt. Je connais trop bien les sentiments élevés de mon illustre ami, pour craindre qu’il s’offense de ma franchise, dans une question où, j’en ai la conviction profonde, l’immense étendue de son esprit ne l’a pas mis à l’abri de l’erreur. L’hommage que je rends au noble caractère de lord Brougham, en publiant aujourd’hui ce passage de l’éloge de Young, sans le modifier, est, à mon sens, tellement significatif, que je n’essaierai pas d’y rien ajouter.