Page:Arago - Œuvres complètes de François Arago, secrétaire perpétuel de l’académie des sciences, tome 1.djvu/361

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jusqu’à ces façades immenses à côté desquelles les plus vastes constructions modernes attireraient à peine un regard.

Les deux commissions savantes étudièrent avec un soin scrupuleux le temple magnifique de l’ancienne Tentyris, et surtout les séries de signes astronomiques qui ont soulevé de nos jours de si vifs débats ; les monuments remarquables de l’Ile mystérieuse et sacrée d’Éléphantine ; les ruines de Thèbes aux cent portes, devant lesquelles (et ce n’étaient cependant que des ruines !) notre armée étonnée s’arrêta tout entière pour applaudir.

Fourier présidait encore, dans la haute Égypte, à ces mémorables travaux, lorsque le général en chef quitta brusquement Alexandrie, et revint en France avec ses principaux amis. Ils se trompèrent donc, ceux qui, ne voyant pas notre confrère sur la frégate le Muiron, à côté de Monge et de Berthollet, imaginèrent que Bonaparte n’avait pas su apprécier ses éminentes qualités. Si Fourier ne fut point du voyage, c’est qu’il était à cent lieues de la Méditerranée quand le Muiron mit à la voile. L’explication cesse d’être piquante, mais elle est vraie. En tout cas, l’amitié de Kléber pour le secrétaire de l’Institut d’Égypte, la juste influence qu’il lui accorda dans une multitude d’occasions délicates, l’eussent amplement dédommagé d’un injuste oubli.

J’arrive, Messieurs, à l’époque, de douloureuse mémoire, où les agas des janissaires réfugiés en Syrie, désespérant de vaincre, à l’aide des armes loyales du soldat, nos troupes si admirablement commandées, eurent recours au stylet du lâche. Vous le savez, un jeune