Page:Arago - Œuvres complètes de François Arago, secrétaire perpétuel de l’académie des sciences, tome 1.djvu/411

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JAMES WATT


BIOGRAPHIE LUE EN SÉANCE PUBLIQUE DE L’ACADÉMIE DES SCIENCES, LE 18 DÉCEMBRE 1834.





Messieurs, après avoir parcouru la longue liste de batailles, d’assassinats, de pestes de famines, de catastrophes de tout genre qu’offraient les annales de je ne sais quel pays, un philosophe s’écria : « Heureuse la nation dont l’histoire est ennuyeuse ! » Pourquoi faut-il que l’on doive ajouter, au moins sous le point de vue littéraire : « Malheur à qui échoit l’obligation de raconter l’histoire d’un peuple heureux ! »

Si l’exclamation du philosophe ne perd rien de son à-propos, quand on l’applique à de simples individus, sa contre-partie caractérise avec une égale vérité la position de quelques biographes.

Telles étaient les réflexions qui se présentaient à moi, pendant que j’étudiais la vie de James Watt, pendant que je recueillais les communications bienveillantes des parents, des amis, des confrères de l’illustre mécanicien. Cette vie, toute patriarcale, vouée au travail à l’étude, à la méditation, ne nous offrira aucun de ces événements piquants dont le récit, jeté avec un peu d’art au milieu