Page:Arago - Œuvres complètes de François Arago, secrétaire perpétuel de l’académie des sciences, tome 1.djvu/456

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au-dessus et au-dessous du piston, communiquent entre elles, pour que ces deux parties se remplissent de vapeur au même degré d’élasticité, pour que le piston soit tout autant poussé de haut en bas que de bas en haut, pour qu’il remonte à l’extrémité du cylindre, comme dans la machine atmosphérique de Newcomen, par la seule action d’un léger contre-poids.

En poursuivant ses recherches sur les moyens d’économiser la vapeur, Watt réduisit encore presque à rien la perte qui résultait du refroidissement par la paroi extérieure du cylindre où joue le piston. À cet effet, il enferma ce cylindre métallique dans un cylindre de bois d’un plus grand diamètre, et remplit de vapeur l’intervalle annulaire qui les séparait.

Voilà la machine à vapeur complétée. Les perfectionnements qu’elle vient de recevoir des mains de Watt sont évidents ; leur immense utilité ne saurait soulever un doute. Vous vous attendez donc à la voir remplacer, sans retard, comme appareil d’épuisement, les machines comparativement ruineuses de Newcomen. Détrompez-vous : l’auteur d’une découverte a toujours à combattre ceux dont elle peut blesser les intérêts, les partisans obstinés de tout ce qui a vieilli, enfin les envieux. Les trois classes réunies, faut-il l’avouer ? forment la grande majorité du public. Encore, dans mon calcul, je défalque les doubles emplois pour éviter un résultat paradoxal. Cette masse compacte d’opposants, le temps peut seul la désunir et la dissiper ; mais le temps ne suffit pas, il faut l’attaquer vivement, l’attaquer sans relâche ; il faut varier ses moyens d’action, imitant, en cela, le chimiste à qui l’expé-