Page:Arago - Œuvres complètes de François Arago, secrétaire perpétuel de l’académie des sciences, tome 1.djvu/470

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Des évaluations numériques font trop bien apprécier l’importance des inventions de notre confrère, pour que je puisse résister au désir de présenter encore deux autres rapprochements. Je les emprunte à un des plus célèbres correspondants de l’Académie, à M. John Herschel.

L’ascension du Mont-Blanc, à partir de la vallée de Chamouni, est considérée, à juste titre, comme l’œuvre la plus pénible qu’un homme puisse exécuter en deux jours. Ainsi, le maximum de travail mécanique dont nous soyons capables, en deux fois vingt-quatre heures, est mesuré par le transport du poids de notre corps à la hauteur du Mont-Blanc. Ce travail, ou l’équivalent, une machine à vapeur l’exécute en brûlant un kilogramme de charbon de terre. Watt a donc établi que la force jour-

    machines à plusieurs cylindres, figurera aussi parmi les projets de l’ingénieur de Soho. Il suggérera l’idée des pistons parfaitement étanches, quoique composés exclusivement de pièces métalliques. C’est encore Watt qui recourra le premier à des manomètres à mercure pour apprécier l’élasticité de la vapeur dans la chaudière et dans le condenseur ; qui imaginera une jauge simple et permanente à l’aide de laquelle on connaîtra toujours, et d’un coup d’œil, le niveau de l’eau dans la chaudière ; qui, pour empêcher que ce niveau ne puisse varier d’une manière fâcheuse, liera les mouvements de la pompe alimentaire à ceux d’un flotteur ; qui, au besoin, établira sur une ouverture du couvercle du principal cylindre de la machine, un petit appareil (l’indicateur) combiné de telle sorte qu’il fera exactement connaître la loi de l’évacuation de la vapeur, dans ses rapports avec la position du piston, etc., etc. Si le temps me le permettait, je montrerais Watt non moins habile et non moins heureux dans ses essais pour améliorer les chaudières, pour atténuer les pertes de chaleur, pour brûler complétement les torrents de fumée noire qui s’échappent des cheminées ordinaires, quelque élevées qu’elles soient.