Page:Arago - Œuvres complètes de François Arago, secrétaire perpétuel de l’académie des sciences, tome 1.djvu/486

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entièrement dépourvues de ressources et de prévoyance. Un travail de fraîche date a montré que, dans l’Angleterre seule ( l’Irlande et l’Écosse étant ainsi laissées de côté ), le capital appartenant à de simples ouvriers qui se trouve en dépôt dans les caisses d’épargne, approche de 400 millions de francs. Les recensements opérés dans les principales villes ne sont pas moins instructifs.

Un seul principe est resté incontesté au milieu des débats animés que l’économie politique a fait naître : c’est que la population s’accroît avec l’aisance générale, et qu’elle diminue rapidement dans les temps de misère[1]. Plaçons des faits à côté du principe. Tandis que la population moyenne de l’Angleterre s’augmentait pendant les trente dernières années de 50 pour 100, Nottingham et Birmingham, deux des villes les plus industrielles, présentaient des accroissements de 25 et de 40 pour 100 plus considérables encore. Manchester et Glasgow enfin, qui occupent le premier rang dans tout l’empire britannique, par le nombre, la grandeur et l’importance des machines qu’elles emploient, voyaient, dans le même intervalle des trente dernières années, leur population s’augmenter de 150 et de 160 pour 100. C’était trois ou quatre fois plus que dans les comtés agricoles et les villes non manufacturières.

De pareils chiffres parlent assez d’eux-mêmes. Il n’est pas de sophisme, de fausse philanthropie, de mouvements d’éloquence qui puissent leur résister.

  1. L’Irlande est une exception à cette règle, dont la cause est bien connue, et sur laquelle j’aurai occasion de revenir.