Page:Arago - Œuvres complètes de François Arago, secrétaire perpétuel de l’académie des sciences, tome 1.djvu/548

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faveur de la priorité de Cavendish, il n’y a pas eu de sa part une seule allusion de laquelle on puisse induire qu’avant de publier sa théorie, Watt avait entendu parler de celle de son compétiteur.

Naus ne serons pas aussi affirmatif, relativement à la question de savoir si Cavendish avait quelque connaissance du travail de Watt avant de rédiger les conclusions de son propre Mémoire. Pour soutenir que Cavendish n’ignorait pas les conclusions de Watt, on pourrait remarquer combien il serait improbable que Blagden et d’autres, de qui ces conclusions étaient connues, ne lui en eussent jamais parlé. On pourrait encore dire que Blagden, même dans les parties du Mémoire écrites de sa main et destinées à réclamer la priorité en faveur de Cavendish contre Lavoisier, n’affirme nulle part que la théorie de Cavendish fût conçue avant le mois d’avril 1783, quoique, dans une autre addition au Mémoire original de son ami, il y ait une citation relative à la théorie de Watt.

Puisque la question de savoir à quelle époque Cavendish tira des conclusions de ses expériences est enveloppée dans une grande obscurité, il ne sera pas sans utilité de rechercher qu’elles étaient les habitudes de ce chimiste quand il communiquait ses découvertes à la Société royale.

Un comité de cette Société, auquel Gilpin était associé, fit une série d’expériences sur la formation de l’acide nitrique. Ce comité, placé sous la direction de Cavendish, se proposait de convaincre ceux qui doutaient de la composition de l’acide en question, indiquée inciden-