Page:Arago - Œuvres complètes de François Arago, secrétaire perpétuel de l’académie des sciences, tome 1.djvu/56

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Brissot, s’adressant au général, avec le plus grand calme, lui dit : « Indiquez-moi le lieu où vous voulez que je me rende ; ne forcez pas les élèves à se déshonorer en mettant la main sur un camarade qui ne veut pas résister. » Le lendemain, Brissot fut expulsé.


VIII.


Vers cette époque, M. Méchain, qui avait été envoyé en Espagne pour prolonger la méridienne jusqu’à Formentera, mourut à Castellon de la Plana. Son fils, secrétaire de l’Observatoire, donna incontinent sa démission. Poisson m’offrit cette place ; je résistai à sa première ouverture : je ne voulais pas renoncer à la carrière militaire, objet de toutes mes prédilections, et dans laquelle j’étais d’ailleurs assuré de la protection du maréchal Lannes, ami de mon père. J’acceptai toutefois, à titre d’essai, après une visite que je fis à M. de Laplace, en compagnie de M. Poisson, la position qu’on m’offrait à l’Observatoire, avec la condition expresse que je pourrais rentrer dans l’artillerie si ça me convenait. C’est par ce motif que mon nom resta inscrit sur la liste des élèves de l’École : j’étais seulement détaché à l’Observatoire pour un service spécial.

J’entrai donc dans cet établissement sur la désignation de Poisson, mon ami, et par l’intervention de Laplace. Celui-ci me combla de prévenances. J’étais heureux et fier quand je dînais dans la rue de Tournon chez le grand géomètre. Mon esprit et mon cœur étaient très-disposés à tout admirer, à tout respecter, chez celui qui avait