Page:Arago - Œuvres complètes de François Arago, secrétaire perpétuel de l’académie des sciences, tome 1.djvu/586

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reste, n’a pas été sans quelques difficultés. Personne dans l’avenir n’aurait peut-être plus l’occasion d’en réunir les éléments. Encore quelques années, en effet, et les collègues et les collaborateurs de Carnot, dont j’ai pu recueillir les lumières et les témoignages, auront payé leur tribut à la nature.

En 1793, la Convention était dans l’État le seul pouvoir organisé capable d’opposer une digue efficace au débordement d’ennemis qui de toutes les parties de l’Europe venaient se ruer sur la France et menacer sa nationalité. La nationalité d’un peuple est comme l’honneur : la plus légère blessure lui devient mortelle. Tels étaient, Messieurs, les sentiments de tant de conventionnels dont la France révère la mémoire ; tels étaient les liens qui les attachaient au poste périlleux ou l’élection les avait appelés.

En créant le comité du salut public (le 6 avril 1793), la Convention s’était réservé le choix de ses membres. Jusqu’au fameux 31 mai, on n’y comptait que des conventionnels neutres ou tout au moins étrangers aux deux fractions de l’assemblée qui se faisaient une guerre à mort. À la suite de plusieurs renouvellements partiels, il se composait, le 11 septembre 1793, de Robespierre, Saint-Just, Couthon, Collot d’Herbois, Billaud-Varennes, Prieur (de la Marne), Prieur (de la Côte-d’Or), Carnot, Jean-Bon Saint-André, Barère, Hérault de Séchelles, Robert Lindet.

La Convention, lorsqu’elle déféra de si grands pouvoirs au comité de salut public, voulait que chaque affaire fût dans ce comité le sujet d’une discussion, d’une délibéra-