Page:Arago - Œuvres complètes de François Arago, secrétaire perpétuel de l’académie des sciences - Astronomie populaire, tome 3.djvu/447

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grossissement de 600 permettra de voir des carrés et des cercles de 200 mètres de côté.

Un grossissement de 6 000 permettrait de voir des objets ronds ou carrés de 20 mètres de côté.

Un objet allongé se voit quand il sous-tend latéralement un angle de 6″ ou de 1/10e de minute ; un objet de 2 mètres de large pourrait donc être vu avec un grossissement de 6 000 s’il était très-allongé : tel serait un front de fortification, un remblai de chemin de fer, etc., etc.

Prenons au reste la chose d’un autre point de vue.

La distance moyenne de la Lune à la Terre est de 96 000 lieues.

Quand on se sert d’un grossissement de 1 000 fois, c’est comme si l’on observait la Lune, à l’œil nu, à la distance de 96 lieues.

Un grossissement de 2 000 ramène la Lune à 48 lieues.
Un grossissement de 4 000   à 24 lieues.
Un grossissement de 6 000   à 16 lieues.

De Lyon on voit parfaitement le mont Blanc, à l’œil nu, à 16 myriamètres, à 160 000 mètres, à 40 lieues.

Les montagnes de la Lune se verraient comme le mont Blanc de Lyon, en se servant d’un grossissement de 2 500 fois.

En présence de ces calculs, on se demandera sans doute pourquoi on n’a pas déjà appliqué les forts grossissements dont il vient d’être question à l’observation de la Lune ; la réponse est toute simple. La lumière lunaire n’est pas d’une intensité suffisante pour supporter l’affaiblissement qui résulte de grossissements aussi énormes.