Page:Ardouin - Étude sur l’histoire d’Haïti, tome 1.djvu/228

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avoir contribué. J. Raymond, dans un écrit publié en 1795, dit : « qu’immédiatement après le décret du 15 mai, il fut envoyé avec profusion à Saint-Domingue, une lettre imprimée, sous le nom d’un membre de la députation de cette colonie (Gouy d’Arcy, grand planteur, propriétaire au Port-Margot), dans laquelle ce conseil perfide était donné aux colons. Cette lettre, qui d’ailleurs contenait les diatribes les plus virulentes dirigées contre les membres purs et patriotes de l’assemblée constituante, fut dénoncée par Biauzat, et un des six ou sept exemplaires qui parurent en France fut déposé au comité colonial. » J. Raymond attribue encore un pareil projet aux contre-révolutionnaires « qui conseillèrent à ces colons, dit-il, de faire mettre quelques ateliers en insurrection, pour prouver à l’assemblée constituante que c’était un effet du décret du 15 mai, et l’obliger par ce moyen à le retirer et à rendre ensuite le prétendu décret constitutionnel du 24 septembre… Nous savons aujourd’hui, ajoute-t-il, la part active prise par la cour d’Espagne, de concert avec les contre-révolutionnaires, à tous les désastres de notre colonie de Saint-Domingue. » — Dans un autre écrit publié à la fin de 1794, il confirme cette imputation relative à la lettre de Gouy d’Arcy, en ajoutant qu’après le décret du 15 mai, les députés des colonies se retirèrent de l’assemblée constituante et protestèrent contre le décret qu’elle venait de rendre. Ensuite, des placards, signés des colons blancs, furent affichés dans tout Paris. Dans ces placards, on disait que si l’assemblée nationale ne retirait pas son décret, les colons feraient soulever leurs esclaves et appelleraient les Anqlais dans la colonie. »