Page:Ardouin - Étude sur l’histoire d’Haïti, tome 1.djvu/231

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ateliers, au Cul-de-Sac, au Trou-Bordet, aux Vases et au Mont-Rouis. Au Trou-Bordet, sur le littoral du Port-au-Prince, lieu fréquenté par les matelots et par les soldats des régimens d’Artois et de Normandie (ces mêmes troupes dont l’arrivée occasionna la mort de Mauduit), on attribua cette agitation à leurs discours. Dans le mouvement sur l’habitation Fortin-Bellanton, au Cul-de-Sac, près de la Croix-des-Bouquets, la maréchaussée tua plusieurs chefs ; les uns furent rompus vifs, d’autres furent pendus, comme ceux du Trou-Bordet.

Dans un livre publié à Bordeaux, en 1802, par Félix Carteau, ancien colon de Saint-Domingue, sous le titre de Soirées bermudiennes, etc., ce colon attribue la révolte des esclaves à diverses causes, mais principalement à l’esprit philosophique du xviiie siècle qui fît plaider en leur faveur devant le public éclairé de l’Europe et de la société française ; — aux partisans de la cour, contre-révolutionnaires qui voulaient punir les colons d’avoir embrassé la révolution de la métropole ; — à la société des Amis des noirs qui fît répandre nombre d’écrits, de gravures et d’images, propres à réveiller en eux le sentiment de la liberté ; — aux matelots des navires français, particulièrement ceux de Bordeaux, qui trouvaient leur profit à vendre ces objets aux esclaves et qui, étant pour la plupart des habitués des clubs révolutionnaires dans les ports de la métropole, se plurent à propager à Saint-Domingue les doctrines et les principes des droits de l’homme, — enfin, aux hommes de couleur, agens ou instrumens des négrophiles européens, irrités du supplice d’Ogé et de Chavanne, d’Ogé surtout dont ils avaient favorisé les réclamations en France ; aux hommes de couleur qui, eux-mêmes, voulaient trouver