Page:Ardouin - Étude sur l’histoire d’Haïti, tome 1.djvu/338

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ment au maintien du décret du 24 septembre, qualifié de constitutionnel. Son rapport, en date du 10 décembre 1791, fut suivi d’un autre qu’il présenta le 10 janvier 1792.

Mais les membres de l’assemblée qui partageaient l’opinion contraire, avaient combattu cette proposition. Dans un discours prononcé le 7 décembre, Garran avait dit : « C’est l’injustice, l’oppression et la tyrannie qui soulèvent les hommes, qui leur mettent les armes à la main : c’est la reconnaissance de leurs droits, le respect pour la foi des traités qui assurent la paix publique et qui les désarment… C’est en reconnaissant aux hommes de couleur dans nos îles, les mêmes droits qu’aux colons blancs, que vous y rétablirez la paix et le règne des lois. Et qu’on ne vous dise pas que ceconcordat est l’ouvrage de la force, qu’il a été dicté les à armes à la main. Citez-moi l’exemple d’un seul peuple opprimé qui ait recouvré ses droits autrement qu’en se ressaisissant de la force qui l’en dépouillait… Les hommes de couleur ont suivi votre exemple. Las de solliciter vainement une demi-justice, que la politique seule aurait dû leur obtenir, ils ont profité du besoin qu’on avait d’eux pour assurer leurs droits ; et, comme tous les opprimés, ils n’ont exigé par la force que ce que la raison et la justice les autorisaient à demander. »

Malgré la justesse de ces argumens, les intrigues des colons furent telles qu’ils réussirent à faire traîner cette affaire en longueur. Les efforts des hommes généreux qui plaidaient la cause des hommes de couler, ne purent obtenir alors que le décret du 7 décembre, par lequel il était défendu d’employer les forces envoyées à