Page:Ardouin - Étude sur l’histoire d’Haïti, tome 2.djvu/348

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prendre le commandement du fort de Bizoton, à une petite lieue du Port-au-Prince.


Le 1er janvier 1794, le commodore J. Ford parut devant cette ville avec plusieurs bâtimens de guerre. Le 2, il adressa à Sonthonax une lettre qui fut portée par le capitaine Rowley, commandant de la frégate la Pénélope. Il lui disait :

« Monsieur, l’escadre dont il a plu à S. M. B. de me confier le commandement, est maintenant en partie devant votre port : nonobstant le défaut d’égards de la part des habitans du Port-au-Prince, à la proclamation de Jérémie, du 23 septembre dernier, par le colonel Whitelocke, commandant des forces britanniques dans ce district et ses dépendances ; néanmoins, afin d’éviter une plus grande effusion de sang, une fois encore, et par un pavillon parlementaire, je vous offre les mêmes termes accordés aux habitans de Saint-Marc, les navires dans le port exceptés, lesquels ne peuvent raisonnablement être compris dans la capitulation, puisqu’on m’a porté à employer la force, au lieu de la prière qui a été sans effet.

Je promets aussi de bonne foi de recommander au ministre de la Grande-Bretagne, tels autres privilèges et immunités aux hommes de couleur, qui peuvent être jugés convenables et expédiens, suivant l’exigence des cas, à la conclusion de la guerre, avec la conviction entière que toute concession raisonnable leur sera faite à cette période… »

Cette lettre se terminait par l’annonce de forces navales arrivées à la Barbade, et de la reddition de quelques postes importans en France.