Page:Ardouin - Étude sur l’histoire d’Haïti, tome 3.djvu/51

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Vérettes dont ils s’étaient emparés, et qu’ils avaient bien fortifié. Brisbane mourut à Saint-Marc : c’était un officier d’une grande bravoure.

Dans un de ces combats, un émigré français nommé Chadirac, fut fait prisonnier par T. Louverture qui l’envoya à Laveaux. Celui-ci le fît fusiller au Port-de-Paix. T. Louverture, peu après, fît lui-même fusiller des noirs qui ourdissaient un complot dans le camp de Moïse, pour se joindre aux Espagnols. Il y avait certainement une différence entre ces deux cas ; mais dès lors, T. Louverture évitait de mettre la même sévérité envers les Français traîtres à leur patrie, que Rigaud avait mise à Léogane. C’est à Laveaux qu’il réservait ces rigueurs. Il y avait en cela une grande adresse de sa part.


Le 16 février, la corvette la Musette, commandée par le capitaine Desagenaux, entra au Cap, venant de Brest, avec 30 barils de poudre, 6000 cartouches d’infanterie, 1000 lames de sabres, 1000 fusils et des exemplaires du décret du 4 février 1794, sur la liberté générale. Le comité de salut public estimait que cette loi était, dans les circonstances, une espèce d’armes pour la population de Saint-Domingue. C’était dire aux noirs déclarés libres, que la France n’entendait pas revenir sur la liberté générale. Laveaux prétend en avoir envoyé 50 exemplaires à la municipalité du Cap pour le faire publier, parce que jusque-là on avait négligé cette publication. Cependant, l’année précédente le capitaine Chambon lui avait envoyé ce décret, en l’engageant à lui donner publicité. Cette assertion de sa part nous paraît une insinuation, et contre la municipalité et contre Villatte.

Le 9 avril, la Musette reprit la mer, ayant à son bord