Page:Ardouin - Étude sur l’histoire d’Haïti, tome 4.djvu/145

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mation de T. Louverture, ont été souscrits par lui, lors de son entrevue avec Maitland à la Pointe Bourgeoise. C’est ce qu’il a avoué au général Cafarelli, envoyé auprès de lui au château de Joux, par le Premier Consul. Il avait été convenu entre lui et Maitland : 1º que T. Louverture n’entreprendrait jamais rien contre la Jamaïque ; 2° que les Anglais consentaient à permettre aux bâtimens de Saint-Domingue de naviguer à 5 lieues de ses côtes, sans les inquiéter ; 3° que les navires anglais pourraient venir commercer au Port-au-Prince et au Cap seulement, et que si ces navires étaient rencontrés par des bâtimens de guerre français, ils ne seraient pas inquiétés.

Le général Cafarelli déclara dans son rapport, que l’original de cette convention existait parmi les papiers qui étaient en possession de T. Louverture, au château de Joux.

Ce dernier lui dit encore, que dans son entrevue avec Maitland aux Gonaïves, à son retour d’Europe, ce général anglais voulait obtenir le commerce exclusif de l’île et porter T. Louverture à se placer sous le protectorat de la Grande-Bretagne ; mais qu’il refusa de souscrire à l’une et l’autre proposition[1].

Les propositions lues par Pamphile de Lacroix ne sont autre chose, si ce n’est celle relative au titre de Roi que Maitland lui conseillait de prendre. Et quand Kerverseau

  1. Nous avons eu occasion de lire le rapport du général Cafarelli, après avoir écrit les pages 473 à 480 de notre 3e livre. Nous ne maintenons pas moins nos appréciations consignées dans ces pages, bien que nous ayions douté de l’existence d’une convention faite entre T. Louverture et Maitland, autre que celle relative à l’évacuation du Môle. Il résulte néanmoins de ce fait, de cet acte, que le général Hédouville avait raison de l’accuser, et que Rigaud ne fut pas moins autorisé à l’accuser d’être traître à la France, à redouter son alliance avec les Anglais et les Américains, appuyés des émigrés et des colons.