Page:Ardouin - Étude sur l’histoire d’Haïti, tome 4.djvu/195

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notre avis donc, on ne peut inférer des termes de la dépêche ministérielle, que le gouvernement consulaire désapprouvait la guerre civile du Sud : elle entrait aussi bien dans ses vues que dans celles du Directoire exécutif : la suite de cette histoire le prouvera.

Enhardi par les procédés usés envers lui, T. Louverture ne voulut pas faire publier la constitution du 22 frimaire, sous le prétexte qu’elle avait déjà paru dans les gazettes, ni la proclamation consulaire, encore moins faire écrire sur les drapeaux des régimens les mots prescrits par l’arrêté.

L’envoi d’un général de division qui avait fait partie des officiers venus avec Hédouville, lui indiquait une idée de substitution, bien que Michel dût servir sous ses ordres. Aussi l’avait-il accueilli plus froidement que les deux autres agens : c’était, à ses yeux, un mauvais cadeau fait à la colonie. Cette circonstance, d’après Pamphile de Lacroix, jointe à l’arrestation de Michel sur la route, porta ce général à retourner promptement en France. Cet auteur ajoute que l’on s’était flatté que T. Louverture résignerait volontairement ses fonctions entre les mains de Michel ; mais cette assertion ne peut se soutenir en présence de la disposition de l’arrêté consulaire, qui envoyait Michel pour servir sous les ordres de T. Louverture, maintenu à son grade de général en chef : son ambition était trop connue par tous ses actes, pour qu’on pût concevoir une idée aussi puérile.

Nous pensons que Michel pouvait bien être un chef éventuel pour toute la colonie, mais qu’il dut aussi avoir la mission d’observer les choses, de s’entendre avec Roume, sauf à retourner ensuite en France, s’il y avait lieu, afin de faire son rapport au Premier Consul. Or, en arrivant dans la colonie, n’a-t-il pas trouvé Roume brouillé avec