Page:Ardouin - Étude sur l’histoire d’Haïti, tome 4.djvu/269

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qu’il y avait lieu de la croire réellement enceinte ; il voulait gagner du temps pour cette malheureuse.

Mais le 18 nivôse an 9 (8 janvier 1801), Agé lui écrivit de nouveau, qu’en vertu d’ordres supérieurs, il eût à visiter Victoire de nouveau et à faire son rapport, l’avertissant que ce serait sur sa responsabilité personnelle. Force fut à M. Mirambeau de déclarer qu’elle n’était pas enceinte : elle fut exécutée le 9 janvier. T. Louverture était alors à Saint-Jean, en marche contre Santo-Domingo : il avait envoyé ses ordres de-là. Dans cette seconde lettre du général Agé, il est dit qu’Hilarion était aide de camp du général en chef, et non pas un officier de sa garde. Nous avons d’ailleurs lu une lettre de ce dernier à Hédouville, où il qualifiait Hilarion également d’aide de camp.

Toutes les traditions du pays attestent l’infirmation du premier jugement rendu par le conseil de guerre contre Hilarion et Victoire ; elles imputent également au premier d’avoir pris lecture de papiers importans. Mais, selon nous, il suffisait du vol commis par eux, soit avant l’arrêté du 23 octobre, soit immédiatement après, pour motiver cette rigueur de la part de T. Louverture ; et ce fut en violation de la loi même du 29 nivôse dont il ordonna l’application. Que l’on juge, après un tel fait, s’il y avait aucune garantie pour la vie de qui que ce soit, sous le gouvernement d’un tel chef.

Le 23 octobre, un autre arrêté fut publié, relatif aux comptes à rendre par les ordonnateurs et les contrôleurs de l’administration de la marine, autrement dit des finances. Cette administration avait été presque toujours vicieuse, par l’infidélité des comptables ; et nous avons plus d’une fois cité des faits à ce sujet, même à l’égard d’Idlinger, sous Sonthonax, en 1797. Or, Idlinger, desti-