Page:Ardouin - Étude sur l’histoire d’Haïti, tome 4.djvu/284

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


Dans le même mois où Roume était confiné au Dondon, le gouvernement consulaire rendait à peu près la pareille à T. Louverture, à l’égard de ses enfans qui étaient en France. Le général en chef y avait envoyé l’adjudant-général Huin, avec mission de les ramener à Saint-Domingue, et probablement pour s’assurer aussi de l’opinion qu’on avait de lui. Fouché, ministre de la police générale, ne tarda pas à savoir ce qu’il avait en vue : il ordonna à ses agens de le surveiller, et il fut décidé que les fils de T. Louverture, Placide et Isaac, resteraient en France.

Précédemment, à la fin de 1797, au moment où le général Hédouville devait se rendre à Saint-Domingue, le Directoire exécutif en avait agi de même à l’égard du fils d’André Rigaud. Pelletier, que ce général avait envoyé en mission auprès du Directoire, était chargé de ramener ce jeune homme : il fut voir le général Hédouville qui pensa, qu’en raison de la conduite équivoque de Rigaud, son fils devait être gardé en France. Quelques mois après, la sollicitude du colonel Vincent pour Louis Rigaud, obtint qu’il passât du collège de Liancourt à celui dirigé par M. Coisnon, où se trouvaient les autres jeunes gens de Saint-Domingue : il était malade à Liancourt, et Vincent lui témoigna des attentions vraiment paternelles. Nous avons vu que Rigaud sut être reconnaissant des bontés de ce colonel pour son fils.

Il résulte de ces deux faits, que le gouvernement français se faisait des otages en gardant les fils de ces deux généraux en France : ils recevaient néanmoins tous les soins qu’on leur devait, en continuant leur éducation[1]

  1. Le fait relatif aux fils de T. Louverture se trouve confirmé, par ces paro-