Page:Ardouin - Étude sur l’histoire d’Haïti, tome 4.djvu/333

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seils de guerre jugeaient ces délits et devaient confisquer les animaux au profit de la colonie.


Le 12 février, une proclamation réduisit à six pour cent, dans la partie de l’Est, les droits d’importation portés à dix pour cent, et ceux d’exportation portés à vingt pour cent dans la partie française. Voici les motifs donnés par cet acte.


L’état de nullité dans lequel j’ai trouvé la culture et le commerce dans la partie espagnole, mon extrême désir de la voir sortir du néant où elle était restée, et de la rendre florissante, me font un devoir d’exciter l’émulation des anciens habitans, par des encouragemens qui doivent, en même temps, y attirer de nouveaux colons.

Les départemens de l’Engaño et de Samana offrent, sans doute, aux hommes industrieux, de grandes ressources — mais il est une partie de l’île faite surtout pour fixer l’attention générale. La superbe plaine de Samana (celle de la Véga-Réal), sur laquelle la Providence paraît avoir répandu toutes ses faveurs, se trouve propre à la fois à tous les genres de culture. À la plus étonnante fécondité, à une température plus douce que celle des autres plaines de Saint-Domingue, elle réunit des débouchés faciles, des rivières qui l’arrosent dans tous les sens ; et enfin, elle est traversée par le fleuve Youna, qui, après avoir été navigable à une grande distance dans les terres, porte ses eaux dans la grande baie de Samana, où se trouve naturellement formé le port le plus vaste et le plus sûr. Avec des bras, de l’intelligence et de l’activité, les hommes laborieux sont assurés, sur une terre aussi fertile, d’être payés au centuple de leurs avances et de leurs travaux.

Que les Français industrieux, que les amis d’une sage liberté, du travail, des bonnes mœurs et de la prospérité de cette colonie, dirigent, leurs spéculations vers ce grand établissement. S’ils réunissent ces qualités, ils peuvent me demander des concessions ; ils me trouveront toujours disposé à favoriser leurs utiles travaux. J’en atteste celui qui lit dans mon cœur, et ma conduite entière : nul homme n’a une volonté plus ferme et en même temps plus d’intérêt à rendre son pays heureux. Que cette conviction excite l’émulation, inspire la confiance ; que les anciens et les nouveaux habitans soient bien persuadés qu’ils trou-