Page:Ardouin - Étude sur l’histoire d’Haïti, tome 4.djvu/38

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même qui les secondait dans cette œuvre machiavélique ?

Sans doute, on objectera à ses paroles, que Rigaud, en s’appuyant sur la décision d’Hédouville, qui n’était que le résultat des instructions du Directoire exécutif, prêtait la main lui-même à cette politique. Mais T. Louverture, en s’appuyant de la décision récente de Roume, agent de ce gouvernement, n’y prêtait-il pas la main aussi ? Mais du moins, en tenant au général en chef ce langage fraternel, Rigaud mettait sous ses yeux des considérations puissantes, pour le porter à ne pas écouter les conseils perfides des ennemis de leur race : en lui marquant son respect, en lui témoignant son attachement personnel, il lui prouvait qu’il ne le regardait que comme son frère, qu’il ne désirait pas entrer en lutte avec lui.


Poursuivons la narration des faits et de la correspondance de cette époque.

Tandis que T. Louverture, du Cap, lançait ses accusations contre Rigaud, Roume lui écrivait pacifiquement sur des détails d’administration civile et judiciaire. Le 11 avril, Rigaud l’avait informé que l’assemblée électorale du département du Sud venait d’élire au corps législatif, Pinchinat et Garnot, qui étaient en France. Le 27, Roume lui répondit :

« Votre lettre du 22 germinal m’a fait beaucoup de plaisir, en m’apprenant le bon choix fait par l’assemblée électorale du Sud, en la personne du citoyen Pinchinat pour le conseil des Cinq-Cents, et dans le citoyen Garnot pour celui des Anciens. Vous savez déjà, sans doute, que dans l’Ouest on a nommé le citoyen Rallier aux Cinq-Cents, et le citoyen Coisnon aux Anciens, et que le département du Nord a choisi le citoyen Pascal pour les Cinq-