Page:Ardouin - Étude sur l’histoire d’Haïti, tome 4.djvu/399

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prenant enfin ces mesures à l’égard des émigrés français, dont beaucoup avaient servi avec les colons sous les Anglais, on faisait sous T. Louverture ce que Rigaud lui demandait, lui conseillait, aussitôt le départ d’Hédouville : ce qui augmenta l’irritation du général en chef contre lui.

Que lui disait Rigaud, par ses lettres du 27 octobre et du 20 novembre 1798 ?

« Je crains disait-il, que ce ne soient les émigrés qui sèment la méfiance entre les premières autorités de la colonie. Je vous engage à les chasser … Maintenons la tranquillité dans le pays : prouvons notre fidélité à la France, en chassant les émigrés : au nom de notre existence, montrez-vous jusqu’à la fin l’homme du gouvernement français. »

N’étaient-ce pas des conseils judicieux, fraternels, pour éviter entre eux toutes dissensions, toute lutte sanglante ? Rigaud demandait-il que les colons fussent chassés du pays ? Non ; mais ces émigrés d’Europe qui, après avoir combattu contre leur patrie sur le continent européen, étaient venus la combattre dans sa colonie, et qui étaient alors accueillis par T. Louverture, contrairement aux lois existantes en France, lesquelles étaient alors aussi obligatoires que la constitution de l’an 8. Ce dissentiment entre eux ne fut-il pas une des causes de la continuation de leurs dissensions et de la guerre civile, en même temps que le général en chef semblait pactiser avec les Anglais ? Cette loi de l’assemblée centrale sur les émigrés, n’est-elle pas, enfin, la condamnation de la conduite atroce qu’il tint dans cette guerre ?


Le 7 août, une loi régla ce qui avait rapport aux mi-